Archives mensuelles : août 2016

La princesse qui n’aimait pas les princes

9782742789450Un petit livre jeunesse que j’adore, il est donc temps de venir vous en parler.

La princesse qui n’aimait pas les princes est un petit roman à lire dès 7 ou 8 ans, d’Alice Brière-Haquet, illustré par Lionel Larchevêque.

Le jour où la princesse réussit une superbe mayonnaise, tout le monde s’accorde à dire qu’elle est bonne à marier. Son père, le roi, s’empresse donc de faire  appel à tous les princes du coin. Hélas, pas un ne plait à la princesse. Le roi ne se laisse pas abattre, et fait appel aux princes de contrées plus lointaines, mais la princesse reste toujours de marbre. Heureusement, il y a Internet ! Le roi élargit encore son appel. Mais aucun prétendant ne trouve grâce aux yeux de la princesse. En désespoir de cause, le roi fait appel à la fée pour l’aider.

La princesse s’inquiète, elle ne veut pas épouser un prince de pacotille, mais dès que ses yeux se posent sur la fée, son cœur chavire, et elle tombe amoureuse.

La fin heureuse du conte de fée est donc préservée, et comme le livre date de 2010 :

Elles ne purent pas vraiment se marier, et pour faire des bébés ce fut un peu plus compliqué…

Mais toutes les deux, elles vécurent très heureuses.

Et c’est ainsi que doit s’achever tout véritable conte de fée.

Un très chouette petit livre, qui reprend tous les codes du conte de fée, en les parsemant de références et de clins d’œil plus actuels (Tarzan, Harry Potter, Internet, les supers héros…).  Les textes et les dessins sont rigolos. Le livre n’hésite pas à se moquer des clichés (la princesses sait faire une mayonnaise donc elle est bonne à marier), et nous présente des personnages de toutes les couleurs, y compris la fée avec qui la princesse va se marier. Un hymne à l’amour et à la tolérance, que demander de plus ?

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Annabel, de Kathleen Winter

bm_CVT_Annabel_1832J’ai découvert Annabel par le biais d’une photo envoyée par une amie me demandant si je connaissais ce roman.  Je n’en avais jamais entendu parler, mais la couverture m’a tout de suite happée. J’ai eu envie de découvrir ce que cachait  la photo de ce jeune homme intrigant en contradiction avec ce prénom féminin. On est parfois attiré par des détails, une atmosphère, et ça a complètement été le cas ici. Attirance évidemment renforcée quand j’ai découvert le sujet de ce livre.

Tout commence en 1968, dans la région du Labrador au Canada. Une femme, Thomasina perd son mari et sa fille au moment où elle assiste à la naissance d’un autre enfant. Enfant un peu particulier puisqu’il a des organes génitaux masculins et féminins. Le père, Treadway,  décide de l’opérer et d’en faire un fils, alors que Jacinta, sa mère tente de faire le deuil de sa fille. Seuls ses parents et Thomasina, la jeune veuve, seront dans le secret. Ainsi commence l’existence de Wayne, à qui la vérité est cachée.

Treadway fait tout pour élever son fils comme un homme, un « vrai », et ce dès son plus jeune âge. Wayne essaie de se plier aux exigences de son père, mais ses passions vont vers d’autres choses, et il sent bien un décalage avec les autres.

Annabel est un roman plein de sensibilités et d’émotions, autour de ce secret que personne n’est prêt à partager, mais que tout le monde a du mal à porter. Chacun s’enferme alors dans son propre univers intérieur, quitte à s’y perdre parfois. Les paysages du Labrador accompagnent toutes ces interrogations, ces secrets, de façon poétique ou sauvage. Le rythme et les lois de la nature sont omniprésents, même dans le cadre de la ville.

Kathleen Winter travaille tous ses personnages par petites touches, suivant leur évolution pas à pas, année après année. L’évolution de Wayne est par cela très juste, sans spectaculaire, dévoilant une jeune personne cherchant sa place dans la société, essayant de démêler le masculin du féminin, que ce soit chez les autres ou chez lui.