Archives mensuelles : octobre 2016

Dieu n’aime pas papa

DIEU N'AIME PAS PAPA C1C4.inddEn feuilletant Dieu n’aime pas papa, j’étais un peu dubitative, mais aussi attirée par le côté histoire dans l’histoire. En effet, la BD raconte l’histoire de Tao, un petit garçon qui vit seul avec sa mère, fervente religieuse, et les dessins de l’enfant sur sa vision de la bible.

Le côté naïf et drôle de Tao dans ses dessins pouvait m’attirer et c’est effectivement le seul intérêt que j’ai pu trouver dans l’histoire. C’est rigolo, c’est sympa, mais ça ne casse pas trois pattes à un canard non plus…

Pour l’histoire de fond, la mère de Tao refuse qu’il voie son père, et même de l’évoquer, ce qui laisse le petit garçon totalement démuni. Il cherche donc des réponses comme il peut. On découvrira finalement que son père est parti pour un autre homme, ce qui certes, ne doit pas être facile à vivre pour sa mère, mais ici, tout est vu d’un point de vue religieux. La mère de Tao se réfugie dans la religion en accusant les pêchés de son bientôt ex-mari, mais j’ai trouvé ça franchement caricatural, et assez en décalage avec les dessins d’enfants.

Un objet un peu bancal pour moi donc, ne sachant pas trop où se placer : satire de la bible ? Dénonciation d’un manque d’ouverture de la religion sur l’homosexualité ? Même pas, puisque le prêtre auprès de qui Tao se livre semble beaucoup plus ouvert que sa mère. La fin simpliste ne m’aide pas à savoir que penser de cette BD, aussi vite lue, aussi vite oubliée…

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Le chœur des femmes, de Martin Winckler

bm_cvt_le-choeur-des-femmes_8010La première fois que j’ai lu Le chœur des femmes, j’y ai passé une partie de la nuit, sans pouvoir m’arrêter. Puis je l’ai relu, conseillé, prêté, perdu, racheté, relu à nouveau, jusqu’à la prochaine fois.

Le chœur des femmes est pourtant un roman qui a ses défauts, que je vois, mais sur lesquels je passe sans problème, tant il m’a laissé une impression forte.

Jean Atwood est interne et se destine à la chirurgie gynécologique. C’est son but dans la vie, la relation aux patients ne l’intéresse pas, et ses études brillantes ne sont dédiées qu’à réussir sa carrière. Mais avant d’en arriver à ce stade, Jean doit passer six mois dans un service de gynécologie généraliste. Six mois avec le docteur Franz Karma, qui a une réputation assez particulière.

Bien évidemment, la rencontre entre les deux personnages, l’un entièrement dédié aux patients et à l’humain, et l’autre au clinique et à la chirurgie va faire des étincelles. Mais Jean va également découvrir tout un nouveau monde et s’ouvrir petit à petit aux autres et comprendre tout l’intérêt qu’on peut trouver dans l’écoute.

Ce roman est un livre magnifique sur les femmes. Martin Winckler nous entraine dans le monde tout sauf merveilleux de la gynécologie, et c’est passionnant. Chaque femme s’y reconnaitra et s’y retrouvera. Ce devrait être un livre d’utilité publique, à faire lire aux femmes, aux hommes, aux jeunes filles, aux médecins, aux gynécos, bref à tout le monde !

Si j’en parle ici, c’est d’une part parce qu’il est temps que les femmes se réapproprient leurs corps, et que ce livre va totalement dans ce sens là. Et d’autre part, on y croise quelques personnages lesbiens (même si ça reste relativement anecdotique). Mais ce qui me donne le plus envie de partager cet ouvrage ici, c’est sa façon d’évoquer l’intersexualité et les ambiguïtés sexuelles, et les abus des médecins sur le choix du sexe de l’enfant.

Je me rends compte que je donne l’impression d’un livre assez théorique. Le chœur des femmes ne l’est en rien. Au contraire, il est très romanesque, parfois un peu trop, mais qu’importe ! Je suis capable de le lire et de le relire en sautant des passages, en y revenant. Martin Winckler est un fan de séries, on le sent d’ailleurs dans le roman, et il arrive à partager ses passions pour la médecine, l’humain, et les histoires bien racontées. Ce n’est pas rien. Bref, un livre à mettre entre toutes les mains.

Je suis qui je suis, de Catherine Grive

41htjbfvo5l-_sx195_Je suis qui je suis est un roman pour ados. Raph passe son été avec ses parents. La famille ne part pas en vacances cette année car la mère attend un enfant.

De Raph, on ne sait pas grand-chose, sauf qu’un grand chagrin l’envahit, sans trop savoir d’où il vient. Raph passe l’été en faisant du tri dans sa chambre, se débarrassant de ses vieilles affaires, avec plus ou moins de bonheur, et des souvenirs qui remontent. Raph a des amis, mais pas d’amies, jusqu’au jour où Sarah rentre dans sa vie.

Les quarante premières pages nous laissent indécis sur le genre de Raph. Très honnêtement, j’ai déjà lu d’autres romans qui utilisaient le même procédé (notamment des romans jeunesses d’ailleurs), et ici j’ai trouvé ça un peu artificiel. Mais ça n’a pas vraiment d’importance. On suit les états d’âme de notre personnage, sa tristesse, ses questionnements, qui rendent bien compte de l’état adolescent.

Raph se pose des questions sur son genre, plus que sur sa sexualité. Ces questionnements arriveront sans doute, mais plus tard, quand Raph arrivera à se définir.

J’ai aimé ce personnage, qui ne sais pas où il en est, ni d’où vient sa tristesse. Dommage par contre de faire une fin aussi simpliste, et assez décevante.

Le jardin arc-en-ciel, d’Ito Ogawa

51zdfmqaukl-_sx195_Le jardin arc-en-ciel est un roman japonais. Très honnêtement, en parcourant la quatrième de couverture, je m’attendais à un roman léger et plutôt positif sur l’homosexualité.

Il y a quelque chose de communicatif dans la bienveillance et la sollicitude avec lesquelles la famille accueille tous ceux qui se présentent : des couples homosexuels, des étudiants, des gens seuls, des gens qui souffrent, mais rien de tel qu’un copieux nabe ou des tempuras d’angélique pour faire parler les visiteurs ! Tous repartiront apaisés. Et heureux.

En fait, ce n’est pas tout à fait le cas, ou en partie seulement. Mais ce n’est pas la première fois qu’une quatrième de couverture est mensongère, je ne vous apprends rien.

Tout commence donc avec une jeune fille qui souhaite se jeter sous un train. Sauvée par un petit garçon, puis par sa mère, elle va vivre une histoire d’amour avec cette dernière.

Roman à quatre voix, on suit dans un premier temps la rencontre d’Izumi (la mère) et de Chiyoko (l’adolescente), la vie de couple, leur fuite dans un village perdu avec le fils d’Izumi, Sosûke. C’est plutôt agréable à lire, mais j’avais parfois l’impression de lire un ouvrage pédagogique sur l’homosexualité au japon : comment l’accepter, le rejet des parents, la difficulté de vivre avec le voisinage, le coming out etc… Pourquoi pas finalement ? Surtout que même si je n’y découvrais rien de révolutionnaire, la cadre japonais y apportait forcément un petit quelque chose.

Malheureusement, j’ai fini par déchanter vers la moitié du roman. Je ne veux pas trop en révéler sur l’intrigue, mais plusieurs éléments m’ont profondément gênée. Notamment me donnant l’impression qu’une famille homoparentale apportait forcément quelque chose d’un peu malsain.

Au final, le bonheur et la légèreté auront vraiment été de courte durée car les choses sont loin d’aller en s’améliorant. Ce qui n’en fait pas forcément un mauvais roman, bien évidemment, mais je rêvais d’une histoire légère avec des personnages homosexuels, et j’ai découvert un livre (un énième) où l’homosexualité semble attirer le malheur sur son passage…