Oh, boy ! , de Marie-Aude Murail

82099298_oJe m’intéresse à la représentation de l’homosexualité dans  la littérature jeunesse depuis un moment, et j’ai croisé ce titre à plusieurs reprises, sans jamais franchir le pas.  La vision de quelques images d’une adaptation télé il y a quelques années ne m’avait pas spécialement encouragée à le lire. Bref, tout ça pour dire que je me suis retrouvée avec Oh, boy dans les mains, donc plus aucune raison de ne pas s’y plonger.

Les Morlevent sont frère et sœurs, et se retrouvent subitement orphelins. Sans aucune famille, ils jurent de ne rien laisser les séparer. En quête d’une solution, ils retrouvent des personnes liées au mariage précédent de leur père.  Josiane, reconnue par ce dernier, mais sans lieu de sang avec eux, et Barthélémy, demi-frère de 26 ans qu’ils découvrent à l’occasion de ce drame.

Bien entendu, au début, personne ne voudra prendre en charge ces trois enfants sortis de nulle part, mais le temps passant, Josiane se prend d’adoration pour la petite dernière, Venise, 5 ans, mais pas forcément pour les deux plus grands, Simon,  14 ans, et Morgane, 8 ans.

Barthélémy étant du même sang, la fratrie compte sur lui pour les accueillir, mais se heurte à un irresponsable de 26 ans, qui ne comprend pas bien ce qui lui arrive, mais qui y voit là l’occasion de gagner du terrain sur Josiane.

Si je vous en parle ici, c’est parce que Barthélémy est homosexuel. Ce n’est jamais caché, et tout est très clair là-dessus. Il en est plusieurs fois fait état comme quelque chose qui pourrait bloquer le droit de tutelle des enfants. On est début 2000 à l’époque où le livre sort, donc on y parle de Pacs.

Mais au final, ce n’est pas l’homosexualité de Barthélémy qui  pourrait être gênante, mais sa totale irresponsabilité et son égoïsme profond. Bon, très honnêtement, on est dans un livre pour enfants, et les problèmes se règlent en deux coups de cuillère à pot (deuil, leucémie, femme battue, droit de garde, tout est résolu en 200 pages) et c’est un peu le pays des Bisounours où les juges se prennent d’affection pour les surdoués et carburent au chocolat.

En ce qui concerne la représentation de l’homosexualité, je n’ai pas été emballée et ai trouvé ça assez caricatural. Bart a 26 ans mais aucun sens des responsabilités (on se demande comment il paye son appartement par exemple), il enchaine les conquêtes, est maniéré, totalement égocentrique et n’a pas inventé l’eau tiède. Bon évidemment, c’est pour mieux faire ressortir son changement et sa prise d’affection pour ses nouveaux frère et sœurs, mais tout de même, ça fait beaucoup.

Une autre chose qui m’a gênée, le terme pédé est employé, mais n’est pas relevé comme étant une insulte. Ça parait sans doute « évident » à un adulte, mais certainement pas à un enfant, qui entend ça à tout bout de chant dans les cours d’école, et qui n’en perçoit pas forcément la portée homophobe.
J’ai bien conscience d’être un peu dure avec ce roman, qui était assez précurseur quand il est paru, mais qui pour moi est déjà daté.

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