Archives mensuelles : novembre 2017

D’un trait de fusain, de Cathy Ytak

d-un-trait-de-fusainAttention, coup de cœur !

Un superbe roman pour ados et pour tous, dont j’avais entendu le plus grand bien avant même sa sortie, et c’est vrai, c’est une pépite.

Dans les années 90, on suit un groupe de lycéens dans une école d’arts. L’arrivée d’un nouveau modèle, Joos, venu pour poser nu, et beau comme un dieu, va changer pas mal de choses dans la vie de ces ados.

D’un trait de fusain, c’est d’abord un très beau roman sur l’amitié, que l’on sent grandir petit à petit, notamment entre Marie-Ange, mal dans sa peau, qui n’attend qu’une chose, quitter le domicile familial en comptant les jours, et Sami, qui va tomber amoureux de Joos.

Évidemment, on est au début des années 90, et tout ne va pas bien se passer. L’homosexualité déjà, est encore un tabou. Ici il est question de coming-out, à une époque où on parlait de cancer gay… Pas facile pour un jeune homme de 16 ans de le vivre au grand jour. Et évidemment, le Sida ne va pas tarder à faire son apparition, et à déclencher des réactions plus ou moins violentes autour d’eux et au sein même du groupe.

D’un trait de fusain, c’est aussi une histoire d’émancipation, et le personnage de Marie-Ange, qui deviendra Mary est très beau pour ça. Les personnages vont devoir grandir et murir, beaucoup plus vite que prévu, et c’est poignant. Le livre fait écho au magnifique 120 battements par minutes, sorti dans les salles il y a quelques mois. Ici aussi il est question d’Act up, et des gens qui se battent parce qu’eux et leur entourage ont été touchés de plein fouet par la maladie.

Un livre très beau, émouvant, touchant, et profond.

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Bilan lectures et autres digressions

Bon, je dois dire que c’est un peu la teu-hon pour moi ce blog. Je m’étais promis de venir poster plus régulièrement mais force est de constater que ça n’a pas du tout été le cas.

2017 a été une année assez riche et mouvementée pour moi et je n’arrive pas toujours à me poser pour écrire. Ce qui est fort dommage parce que ce n’est pas par manque d’envie ou par manque de lectures à partager.

Donc voici un billet fourre-tout, où je vais parler de mes lectures (qui seront ou non suivies d’articles plus étoffés mais au moins vous connaitrez mes coups de cœur et ça peut déjà donner des idées) mais aussi de ma pile de lecture qui n’en finit pas de grossir, et puis éventuellement d’autres choses, soyons fous !

Puisqu’il faut bien commencer par quelque part, et que je sens déjà que cet article n’aura ni queue ni tête, allons-y avec mes dernières lectures en date :

  • Tamara de Lempicka, de Virginie Greiner et Daphné Collignon, chez Glénat. Une BD sympathique sur la peintre du même nom, bisexuelle notoire, et assez en avance sur son temps. Intéressant et graphiquement plutôt chouette, mais il ne faut pas s’attendre à une BD hypra documentée sur sa vie et son œuvre.
  • Paroles d’honneur, de Leïla Slimani et Lætitia Coryn, édition Les Arènes. Une BD qui parle de la condition des femmes et des homosexuels au Maroc, suite à des rencontres entre l’autrice et des lectrices qui viennent se livrer et raconter leurs histoires. Ça fait malheureusement froid dans le dos…
  • Libres, Manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels, d’Ovidie et illustré par Diglee, édition Delcourt. Ovidie développe des sujets intéressants et plutôt bien mis en images par Diglee. A lire et à faire lire.
  • Lumberjanes, chez Urban comics, dont j’avais déjà parlé et qui est sorti en intégrale. Ben c’est toujours aussi cool, j’adore !
  • Ces jours qui disparaissent, de Timothé Le Boucher, édition Glénat. Une très très chouette BD, dont j’hésitais à venir parler ici parce que pas du tout directement LGBT, mais on y trouve des persos gays et un trouple, même si ce n’est pas central. Mais la BD est tellement bien ! Un homme réalise qu’il ne sait pas ce qu’il fait de son temps un jour sur deux. Il découvre alors qu’une autre personne prend sa place, qui a une toute autre personnalité, ce qui va évidemment foutre un gros boxon dans sa vie personnelle. Et franchement, c’est très fort et ça va assez loin, en posant des questions intéressantes sur la vie, l’identité, les choix que l’on fait… Je conseille vraiment.
  • Mes hauts mes bas et mes coups de cœur en série, de Becky Albertalli, édition Hachette. Un roman pour ados de la même autrice que Moi Simon, 16 ans, Homo sapiens, que j’avais moyennement apprécié. J’ai eu un peu peur au début, trouvant qu’elle voulait traiter trop de sujets et je trouvais ça casse-gueule, et au final j’ai vraiment beaucoup aimé. Alors, c’est totalement feelg good hein, on y parle homoparentalité, bisexualité, on y trouve des personnes racisées, et l’héroïne est grosse, le tout en évoquant à peine le racisme et l’homophobie mais ça fait du bien et c’est touchant. A lire sans problème !
  • D’un trait de fusain, de Cathy Ytak, édition Talents Hauts. Un roman pour ados dont j’avais d’abord entendu parler sur le blog d’Arcanes ouvertes, qui m’avait donné très très envie de le lire. Que dire ? C’est une pépite ! Foncez ! Il fait écho au film 120 battements par minutes de par son sujet, donc si vous voulez prolonger un peu l’émotion que vous avez ressentie en le voyant, lisez le (et si vous n’avez pas vu le film, ben allez-y aussi). Ceci dit, c’est un roman superbe à bien des niveaux, que ce soit sur le sujet de l’amitié, de la fin de l’enfance, de l’homosexualité, du coming-out, du Sida… J’espère arriver à me botter le derrière pour venir vous en parler plus longuement. Un vrai coup de cœur en tout cas. 

     

 

Après mes lectures passées, voici mes lectures en cours :

  • Sauveur et fils, saison 1, de Marie-Aude Murail, édition L’école des loisirs. Un roman jeunesse, qui suit un psy qui élève seul son fils, et sa relation avec ses patients. Niveau représentation, on a une famille recomposée dont la mère est partie avec une femme, et un personnage disons non-binaire, à voir comment il se définit par la suite. J’aime vraiment bien pour l’instant, et des thématiques assez lourdes sont abordées (plutôt bien je trouve) notamment le racisme.
  • Héro(ïne)s, la représentation féminine en bande dessinée, édition Lyon BD Festival. Sur la représentation féminine (et son absence) dans la BD, avec notamment des interviews de différents auteurs et autrices, et des reprises de personnages célèbres versions féminines. Intéressant.
  • Les règles quelle aventure ! d’Elise Thiebaut et Mirion Malle, édition La ville brûle.  Mon petit chouchou ! Un livre sur les règles à destination des ados, hyper inclusif et ouvert, j’adore ! (Promis, je viendrai vous en parler)

 

 

Je rebondis maintenant sur ma pile de lecture lgbt+ et féministe, avec justement un autre livre d’Elise Thiébaut, Ceci est mon sang, aux éditions La découverte, sur les règles encore, et qui m’a l’air passionnant.

A celui-ci, on peut ajouter côté jeunesse :

  • A la place du cœur, d’Arnaud Cathrine, édition Robert Laffont.
  • Silence radio, d’Alice Oseman, édition Nathan.

(Merci au passage à la Rainbowthèque et à son concours qui fait que je ne sais plus où donner de la tête)

A cela, j’ajoute deux livres recommandés par les libraires de l’Astragale (coucou !)

  • Les buveurs de lumière, de Jenni Fagan, édition Métailié.
  • Les cosmonautes ne font que passer, d’Elitza Gueorguieva, éditions Verticales.

Puis, grâce à un ami d’amie avec qui j’ai échangé sur l’Assassin royal (lu il y a longtemps mais que j’avais bien apprécié), j’ai maintenant très envie de lire Les aventuriers de la mer, et donc de relire aussi l’Assassin royal, mais également la suite, Le fou et l’assassin. Autant dire que j’en ai pour un moment !

Mais aussi :

  • Dites aux loups que je suis chez moi, de Carol Rifka Brunt, édition 10/18.

Courant 2017, j’ai aussi acheté

  • Je suis une créature émotionnelle, d’Eve Ensler édition 10/18.

A cette occasion, j’avais pris dans la foulée Les monologues du vagin de la même autrice, que j’en ai profité pour relire. J’ai aimé voir mon changement de regard dessus (la première lecture devant remonter à mes 16 ou 17 ans, la deuxième à la trentaine blanchissante donc !). Je me suis fait la réflexion que c’était un livre à lire, relire, partager, transmettre….

Enfin, et non des moindres, et là c’est la honte suprême pour moi, j’ai reçu avec joie il y a plusieurs mois un livre d’une consœur d’écriture (dont nos nouvelles ont d’ailleurs cohabité dans le recueil Projet Q aux éditions Des ailes sur un tracteur), Foyer, d’Ariane Sirota, aux éditions Pousse-Pied et je n’ai toujours pas eu le temps de le lire…

A cela encore, s’ajoutent des titres lus pendant cette année 2017 chargée en émotions, et pour lesquels je n’ai jamais trouvé le temps d’écrire, par exemple :

  • Dysfonctionnelle, d’Axl Cendres, édition Sarbacane. Un chouette roman pour ados.
  • L’essentiel des gouines à suivre, d’Alison Bechdel, éditions Même pas mal. Il s’agit du tome 1, j’avais lu l’intégrale en VO, désespérant de le voir paraitre un jour en français mais c’est finalement chose faite (le tome 2 est pour début 2018) et bien faite. La traduction et les annotations valent le coup. C’est juste un monument de la BD et de l’histoire lesbienne quoi… (Et Fun home aussi, qui est tellement génial et dont je n’ai jamais pris le temps de venir parler!)
  • L’origine du monde, de Liv Stromquist, édition Rackham. La BD à lire, à prêter, à offrir. Hyper intéressante, et très documentée, sur le sexe féminin au travers de l’histoire, mais ça reste drôle et accessible aussi. Génial!

 

 

Et sans doute d’autres que j’oublie, sans compter des livres que j’ai depuis plus ou moins longtemps et qui auraient aussi leur place sur ce blog.

Bon, et parce que je suis une geudin et que comme je le craignais, cet article n’a ni queue ni tête, et aussi parce qu’on est en novembre, et que la tendance est à la déprime, j’avais envie de vous faire une petite sélection spécial livres qui remontent le moral, et pour le coup ce n’est absolument pas lgbt. Il fait gris et tu déprimes ? Allez zou, c’est parti !

 

 

  • En mode, j’ai juste envie de rester sous la couette avec mon chat qui ronronne, le merveilleux Mutts, de Patrick McDonnell, aux éditions les Rêveurs. Du strip dans un joli petit format à l’italienne. Des animaux à foison, c’est mignon, c’est drôle, c’est tendre.
  • En mode, j’ai envie de ricaner bêtement et de façon incontrôlée : l’auteur Benjamin Renner avec Le grand méchant renard (chez Delcourt) mais aussi Un bébé à livrer (chez Vraoum !). En mode plus lgbt, Super Rainbow de Lisa Mandel (chez Casterman). Anti déprime assurée !
  • En mode absurde, Fabcaro avec Zai zai zai (éditions 6 pieds sous terre), ou comment oublier sa carte de fidélité peut mener à une véritable chasse à l’homme.
  • En mode, j’ai envie de me plonger dans un bon roman, bien prenant mais aussi drôle, Au service surnaturel de sa majesté, de Daniel O’Malley (édition Pocket), avec un personnage principal absolument génial. (la suite, Agent double, n’est pas mal non plus)
  • Et enfin, toujours là, toujours efficace, évidemment, Calvin et Hobbes, de Bill Watterson (édition Hors Collection).

 

Calvin-and-Hobbes-Lets-Go-Exploring

 

Et si vous n’avez pas le courage de lire, vous pouvez aussi regarder des épisodes de Steven Universe, et ouais, je ne suis pas sectaire !

Voilà voilà, bravo à vous si vous avez lu jusqu’au bout, et promis, j’essaie de revenir avant trois mois.