Archives mensuelles : juillet 2018

La volte, de Yann Fastier

la volteQuand j’ai vu passer La volte sur un fil twitter, j’ai tout de suite eu envie de le lire. Je ne sais pas trop pourquoi, le côté fantasy, la romance entre deux filles, les éditions Talents Hauts, tout ça me parlait bien…

La volte est un roman pour ados, j’en lis un certain nombre comme vous avez pu vous en rendre compte ici, mais certains sont plus facilement tous publics que d’autres. Peut-être que c’est lié au fait que je sois en pleine relecture de L’assassin royal, et donc j’ai un univers et des personnages assez riches plein la tête, mais j’ai eu du mal à adhérer.

Tout commence en classe, Ana Luisa, dite Mink,  jeune fille un peu garçon manqué voit arriver une nouvelle dans sa classe. Mais Dotchin n’est pas n’importe qui, c’est une princesse héritière d’un royaume éloigné, et son arrivée avec son titre et son épée font forte impression. Les deux filles vont rapidement se lier d’amitié, avec une attirance assez évidente de la part de Mink pour la princesse.

La princesse a été envoyée dans cette école  à cause d’un jeu de pouvoir avec son oncle, qui souhaiterait diriger le royaume par le biais du frère jumeau de Dotchin, un peu simple d’esprit.  Elle est poursuivie et sans doute en danger de mort, et décide donc puisqu’elle a 18 ans, de retourner à Gurban et d’aller réclamer le trône. Mink lui offre son aide, et elles vont partir  toutes les deux, au péril de leur vie, constamment traquées.

Pour ce qui est des points positifs, les deux héroïnes sont assez cools, aventurières et pleines de ressources. Et les sentiments de Mink pour Dotchin ne sont jamais montrés comme quelque chose d’inhabituel ou qui pourrait poser question.

Pour le reste… La volte est un roman de fantasy et d’aventures, donc pourquoi pas, mais la fin, mon dieu la fin ! Déjà, ce qui est du dénouement, j’ai trouvé ça franchement rapide. On passe du temps à accompagner nos héroïnes dans le désert et tout d’un coup, on a un twist et tout est expliqué en un coup de cuillère à pot (oui, j’aime et j’assume cette expression). Ça va trop vite et les conséquences sont à peine développées.

Mais la toute fin… De quoi s’arracher les cheveux, je dis non ! Et je ne peux même pas vous dire pourquoi sans salement spoiler. Enfin, je veux bien admettre que l’amour rend aveugle, surtout à cet âge-là mais ça n’excuse clairement pas tout. Et rien que pour ça, ce n’est pas un livre que je pourrai conseiller.

 

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Barricades, de Charlotte Bousquet et Jaypee

barricadesBarricades est un roman graphique, suite d’un premier tome se déroulant dans le même lycée, Secret pour secret. Je n’ai lu que Barricades, et ce n’est en rien gênant pour la lecture, les histoires étant indépendantes.

Nous suivons l’histoire de Sam, qui est arrivée dans un nouveau lycée deux mois auparavant. On comprend rapidement qu’il s’est passé des choses très graves dans le précédent. Sam est une fille trans, et aucun élève n’est au courant dans son nouvel établissement. Elle a vécu l’enfer avant, que ce soit à cause des profs ou des autres élèves. Ici, elle se protège donc comme elle peut, mais il est difficile de se priver de toute vie sociale, et la musique va la rapprocher d’autres élèves et l’amener à intégrer un groupe en tant que chanteuse.

Barricades retrace bien les méandres de l’adolescence. Ici il est question de transidentité, mais je trouve que le dessin rend bien compte de la difficulté de cette période, en général. La BD est très très courte, mais a au moins le mérite d’évoquer des sujets graves : l’automutilation, le harcèlement, la transphobie… Le tout de façon assez pédagogique. En effet, Barricades s’adresse aux adolescents, et disons qu’elle fait simple et court. Ce type d’histoire a déjà été vu je trouve, et reste assez classique. C’est néanmoins une bonne chose d’aborder des thématiques de genre dans une BD pour cette tranche d’âge (à part Justin, de Gauthier, je n’ai pas d’autres exemples en tête). Le fait de passer par des étapes extrêmement douloureuses mais de finir sur une note de solidarité, et d’amitié est positif, mais assez expéditif. On aurait pu espérer un peu plus de développement de ce côté là.

Ce livre n’est malheureusement pas totalement exempt de maladresses, notamment avec ce passage :

– Donc avant, tu étais… un garçon…

– Techniquement, je le suis encore un peu. Ça s’arrange de jour en jour mais il y a des restes…

Bon là y a rien qui va quoi ! Et puis encore une fois ça ramène les personnes trans à ce qu’elles ont entre les jambes, donc c’est dommage de lire un truc pareil dans un livre qui se veut pédagogique…

Heu-reux ! de Christian Voltz

Je ne connaissais pas Christian Voltz avant de lire Heu-reux !, et je dois avouer que c’est une belle découverte. Son travail autour de matériaux de récup est vraiment beau et original, et il arrive à faire des animaux hyper expressifs. Mêlé à des changements de typographies, de taille et de couleur de police, ça rend super bien. Franchement j’aime beaucoup !

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Pour ce qui est de l’histoire, Grobull, le taureau et roi des pâturages veut marier son fils unique, le prince Jean-Georges. Pour cela, il a fait appel à toutes les vaches les plus charmantes du pays. Mais Jean-Georges refuse chacune de ses prétendantes. Las, son père fait appel à toutes les truies les plus jolies du royaume, son souhait étant que son fils trouve l’amour, et qu’il soit heureux. Bien évidemment, ça ne marche toujours pas, et toute la basse-cour va y passer, le père étant prêt à élargir au maximum ses choix pour le bonheur de son fils, avec des animaux qu’il ne voulait pas un seul instant au départ.

Et évidemment, ça ne suffira toujours pas ! Tant et si bien que le roi ordonne à son fils de choisir qui il veut, l’important étant qu’il soit heureux ! Et Jean-Georges, enfin, ose dire à  son père qu’il veut épouser le bélier, avec qui il vit une relation depuis un moment. Et ainsi, même si c’est un choc pour le père, le mariage aura lieu.

Ça ne vous rappelle rien ? Les premières pages m’ont tout de suite évoqué La princesse qui n’aimait pas les princes. Et c’est vrai que le principe de base est le même. Mais très franchement, les deux ouvrages sont aussi très différents, et je ne trouve pas que ce soit redondant (et puis toute représentation positive est bonne à prendre je trouve).

Déjà, celui-ci s’adresse aux plus jeunes, autour de 4 ans, alors que La princesse qui n’aimait pas les princes est un peu plus dense au niveau du texte, et sera plus accessible à partir de 6 ans. Ensuite, le graphisme n’a rien à voir non plus, et j’aime beaucoup les deux !

Donc faites-vous plaisir et faites plaisir, et offrez les deux aux enfants autour de vous !