Archives mensuelles : juin 2019

Sous le lit, de Quentin Zuttion

Sous-le-litChromatopsie c’était beau, c’était fort, ça te foutait des claques et te prenait aux entrailles, c’était aussi très queer et tendre parfois, bref, j’avais adoré.

Du coup, j’étais bien tenté d’aller voir du côté de la première BD de Quentin Zuttion, publiée aux éditions Des ailes sur un tracteur (édition lgbt+ qui a mis la clé sous la porte, comme tant d’autres…), et donc plus disponible. Fort bonne nouvelle pour nous, les éditions lapin ont eu la bonne idée de rééditer Sous le lit.

La préface de l’auteur met direct dans le bain, les émotions seront au rendez-vous, et en deux pages, il évoque déjà la solitude à grandir en étant homosexuel, les secrets que cela engendre, le poids du SIDA quand on est au début de sa vie sexuelle et que l’on nous dit qu’aimer peut tuer.

Sous le lit est une évocation très juste de cette période, à la sortie de l’adolescence, de ce moment compliqué où le héros, Valentin, est out auprès de ses ami·e·s mais pas de sa mère (dont il est pourtant très proche), et où souffle un vent de liberté mais avec ce poids du risque du SIDA en fond permanent.

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Valentin a eu une aventure d’un soir, et l’alcool n’aidant pas, il ne se souvient plus si son amant a mis une capote. L’angoisse monte, puis le déni, mais l’angoisse ressurgit régulièrement, de plus en plus forte. Les dessins de Quentin Zuttion l’expriment très bien, je vous laisse juges, mais personnellement ça me tord de l’intérieur à chaque fois tellement c’est fort.

Sous le lit plonge dans pas mal d’émotions d’ailleurs, car on suit le personnage aussi à travers ses relations : amicales, familiales et amoureuses. Et toutes sonnent justes. Elles ne sont pas toujours faciles, mais la tendresse est toujours présente.

Et comme la représentation, c’est la vie, on a pas seulement des personnages gays, mais aussi de la bisexualité féminine, et ouais !