Essai/Témoignage

Essai

 

intro genderIntroduction aux gender studies, collectif, éd. De Boeck, coll. Ouvertures politiques, 2008, rééd. sous le titre Introduction aux études sur le genre, 2012. Genre

Pourquoi offre-t-on des poupées aux filles et des voitures aux garçons? Pourquoi les femmes gagnent-elles moins que les hommes? Comment expliquer qu’elles effectuent les deux tiers du travail domestique? Pourquoi est-ce si mal vu pour un homme d’être efféminé? Le pouvoir est-il intrinsèquement masculin? Il s’agit là de quelques-unes des nombreuses questions auxquelles s’intéressent les études sur le genre, devenues depuis une trentaine d’années non seulement un champ de connaissances, mais aussi un outil d’analyse incontournable en sciences humaines et sociales. Au-delà de la variété des phénomènes étudiés, l’ouvrage souligne plusieurs partis pris essentiels des études sur le genre: les différences entre femmes et hommes sont le résultat d’une construction sociale et non pas le produit d’un déterminisme biologique; l’analyse ne doit pas se limiter à l’étude « d’un » sexe, mais porter sur leurs relations; le genre est un rapport de domination des hommes sur les femmes, dont les modalités et l’intensité sont sans cesse reconfigurées. Ce manuel propose un panorama clair et synthétique des notions et références essentielles des études sur le genre, en les illustrant par de nombreux exemples concrets.

peau-couvAllison Dorothy, Peau A propos de sexe, de classe et de littérature, éd. Balland, coll. Le rayon gay, 1999, rééd. Cambourakis, coll. Sorcières, 2015. Lesbien, féminisme

Activiste féministe lesbienne radicale depuis les années 1970, Dorothy Allison a connu le succès avec ses romans (L’Histoire de Bone, Retour à Cayro). En 1994, elle publie Peau, un recueil d’essais. Elle y parle de son enfance, d’inceste, de lesbophobie. Elle raconte son engagement féministe, sa sexualité, les «Sex Wars» des années 1980. Elle partage ses réflexions sur la littérature : comment écrire l’extrême misère sociale, comment écrire sur le sexe ? Un livre tout à la fois intime, décapant et profondément politique, réédité avec sept textes inédits en français.

Bourcier Sam, Homo inc.orporated Le triangle et la licorne qui pète, éd. Cambourakis, coll. Sorcières, 2017. Genre, LGBT

Avec Homo Inc.orporated, Sam Bourcier poursuit la réflexion menée dans la trilogie des Queer Zones. Mariage, procréation, travail, patrie, les gais et les lesbiennes ont basculé dans la sphère de la reproduction et de la production. Que reste-t-il du sujet politique LGBT lorsqu’il est défini par le droit et le management de la diversité ? Pas grand-chose. Raison pour laquelle les queers et les transféministes se mobilisent pour un agenda de redistribution économique et de justice sociale plus large que la simple demande d’égalité et d’intégration. Homo Inc.orporated propose une critique radicale de l’homonationalisme et des politiques de l’égalité des droits. C’est aussi une boîte à outils pour lutter contre le néolibéralisme, avec une réflexion et de nouveaux moyens d’action sur les politiques du savoir à l’université, le genre comme travail, la grève du genre sans oublier le gender fucking !

Despentes Virginie, King kong théorie, éd. Grasset, 2006, rééd. Le livre de poche, 2007. Féminisme

« J’écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf, aussi bien que pour les hommes qui n’ont pas envie d’être protecteurs, ceux qui voudraient l’être mais ne savent pas s’y prendre, ceux qui ne sont pas ambitieux, ni compétitifs, ni bien membrés. Parce que l’idéal de la femme blanche séduisante qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, je crois bien qu’il n’existe pas. »

En racontant pour la première fois comment elle est devenue Virginie Despentes, l’auteur de Baise-moi conteste les discours bien-pensants sur le viol, la prostitution, la pornographie. Manifeste pour un nouveau féminisme.

ainsiGroult Benoîte, Ainsi soit-elle, éd. Grasset, 1975, rééd. Le livre de poche, 1977, éd. Grasset 2010, précédé de Ainsi soient-elles au XXIème siècle. Féminisme

On a longtemps pris la parole de l’homme pour la vérité universelle et la plus haute expression de l’intelligence, comme l’organe viril constituait la plus noble expression de la sexualité.
Il faut que les femmes crient aujourd’hui. Et que les autres femmes – et les hommes – aient envie d’entendre ce cri. Qui n’est pas un cri de haine, à peine un cri de colère, car alors il devrait se retourner contre elles-mêmes. Mais un cri de vie. Il faut enfin guérir d’être femme. Non pas d’être née femme mais d’avoir été élevée femme dans un univers d’hommes, d’avoir vécu chaque étape et chaque acte de notre vie avec les yeux des hommes et les critères des hommes. Et ce n’est pas en continuant à écouter ce qu’ils disent, eux, en notre nom ou pour notre bien, que nous pourrons guérir.

ado lesbiennesLebreton Christelle, Adolescences lesbiennes De l’invisibilité à la reconnaissance, éd. Du remue-ménage, 2017. Lesbien

Tant de luttes ont été menées pour que les lesbiennes sortent de l’ombre. Pourtant, les adolescentes qui prennent conscience aujourd’hui de leur homosexualité refont le même chemin tortueux, de l’invisibilité à l’affirmation. Et le récit de ces expériences demeure rare, étouffé, voire phagocyté par le tapage continu du discours hétérosexiste. Ce livre rassemble les témoignages d’une vingtaine de jeunes femmes qui ont accepté de dévoiler pour nous ces parcours intimes.
Quand prend-on conscience de son orientation sexuelle ? Que faire des désirs homosexuels naissants ? Comment agissent les représentations culturelles de l’hétérosexualité? Toutes se souviennent de l’homophobie latente à l’école, des relations hétérosexuelles malheureuses, du sentiment d’être normales ou déviantes, des réactions de leur famille, de leur propre déni. Et du silence aussi, qu’elles ont brisé pour cet essai, qui veut aider d’autres jeunes femmes à surmonter la détresse et les blessures.

rose et noirMartel Frédéric, Le Rose et le Noir – Les homosexuels en France depuis 1968, éd. Points, 2008. Gay, lesbien, féminisme

Ce livre est une chronique des homosexuels en France, hommes et femmes, depuis 1968. L’homosexualité est un fil rouge qui relie entre eux des phénomènes majeurs: libération sexuelle, féminisme, mutation des modes de vie, lutte contre le sida, pacs… Frédéric Martel évoque les figures emblématiques et les activistes, mais aussi les débats et les combats, tout ce qui a contribué à ce que les « gais » sortent de l’ombre.
Plus visibles, mieux acceptés, les homosexuels sont aujourd’hui en quête de reconnaissance. Ce livre, nourri de centaines de témoignages croisés, a suscité un large débat ici et à l’étranger. Il constitue désormais l’ouvrage de référence sur la question homosexuelle en France.

Nelson Maggie, Les Argonautes, éd. Du Sous-sol, 2018. Trans, genre

Les Argonautes, c’est d’abord une histoire d’amour. Deux êtres qui se rencontrent et tombent éperdument amoureux. Leur amour grandit, leurs deux corps se transforment, et avec leurs mutations d’autres grandes questions résonnent : qu’est-ce que la maternité? Comment se construit le genre ? Comment vivre et penser la marge en construisant une famille ? A la lisière de l’essai et de l’autofiction, Les Argonautes est à la fois amusant et indigné, souvent emporté, toujours brillant.
Maggie Nelson nous y présente les penseurs qui l’ont aidée à vivre, Judith Butler, Susan Sontag, Gilles Deleuze ou Roland Barthes. Elle parvient à mêler histoire intime et réflexion, livrant un texte à nul autre pareil, brillant et solaire. Au fil de ses lectures, elle nous emmène en Floride sur la plage, au cabaret burlesque, dans une université de New York, dans le bureau d’un shérif en Californie, à la très kitsch chapelle de Hollywood…
Et surtout, elle s’assure que nous ne verrons plus jamais de la même façon le mystère de la fabrication d’un corps par un autre.

Preciado Paul B., Testo Junkie Sexe drogue et biopolitique, éd. Grasset, rééd. J’ai lu, 2014. Genre, trans

« Ce livre n’est pas une autofiction. Il s’agit d’un protocole d’intoxication volontaire à base de testostérone synthétique. Pendant le temps de cet « essai corporel », deux impondérables : la mort de Guillaume Dustan et le tropisme du corps de Beatriz Preciado vers le corps de V.D. Sont enregistrées ici aussi bien les micro-mutations physiologiques et politiques provoquées par la testostérone dans le corps de Beatriz Preciado que les modifications théoriques et physiques suscitées dans ce corps par la perte, le désir, l’exaltation, l’échec ou le renoncement. « Le lecteur ne trouvera pas ici de conclusion définitive sur la vérité de mon sexe, ni d’oracle sur le monde à venir. Je donne à lire ces pages qui dessinent les croisements des théories, des molécules et des affects, pour laisser trace d’une expérience politique dont la durée exacte a été de 236 jours et nuits et qui continue aujourd’hui sous d’autres formes. Si le lecteur trouve ici, assemblés sans solution de continuité, des réflexions philosophiques, des récits de session d’administration d’hormones, et des registres détaillés de pratiques sexuelles, c’est simplement parce que c’est le mode sur lequel se construit et se déconstruit la subjectivité.»

homo cinéRoth-Bettoni Didier, L’homosexualité au cinéma, éd. La Musardine, 2007. LGBT, travestissement

Unique en son genre, ce livre offre un panorama très complet des multiples représentations des gays et des lesbiennes dans le 7e art, de son invention à nos jours.
Un tour d’horizon qui ne se limite pas au cinéma gay ni aux grands films parlant d’homosexualité (Mort à Venise, L’Homme blessé, Victor Victoria, Le Secret de Brokeback Mountain…) mais qui englobe des genres plus secrets (le western, le flirt noir) ou plus inattendus (les duos comiques à la Laurel et Hardy, les comédies franchouillardes, le cinéma d’horreur), sans oublier l’érotisme.

La manière dont le cinéma parle d’homosexualité est tout sauf neutre : que les homosexuels soient réprimés ou tolérés, les films en portent la trace.

C’est cette histoire complexe, où se mêlent des aspects purement cinématographiques et d’autres de nature plus politique, que cet ouvrage s’efforce de retracer. Greta Garbo, Rainer Werner Fassbinder, Rock Hudson, Barbara Hammer, Wong Kar-wai, Youssef Chahine, Jean Cocteau, Gus Van Sant, Pedro Almodovar, François Ozon, Pier Paolo Pasolini et Rose Troche font partie de ce voyage à la fois chronologique et géographique à travers plus de 5 000 films et 600 photographies.

Témoignage

Abbott Alysia, Fairyland, éd. Globe, 2015, rééd. 10/18, 2016. Gay, homoparentalité

1974. Après la mort de sa femme, Steve Abbott, écrivain et militant homosexuel, déménage à San Francisco. Avec sa fille de deux ans, Alysia, il s’installe dans le quartier de Haight-Ashbury, le centre névralgique de la culture hippie.

Blanc Myriam, Et elles eurent beaucoup d’enfants Histoire d’une famille homoparentale, éd. Le bec en l’air, 2005. Homoparentalité, lesbien

 » Il était une fois deux jeunes femmes de vingt et un ans, pas très différentes des autres jeunes femmes de leur âge, ni plus moches, ni plus bêtes, ni plus coincées. Elles se rencontrèrent, elles s’aimèrent, elles ne se marièrent pas, car elles n’en avaient pas le droit, et quelques années plus tard, elles eurent néanmoins beaucoup d’enfants… Voici donc l’histoire d’une famille, la nôtre. Elle ressemble à toutes les familles, à ce détail près qu’elle compte deux mères et pas de père.  » Récit d’une expérience familiale : l’auteure et sa compagne ont chacune mis au monde une fille issue d’une insémination artificielle avec donneur anonyme, réalisée en Belgique. Cinq ans après la naissance de leur fille aînée, ce livre revient sur leur choix, les questions qu’il pose : l’absence de père, le regard de la société, l’invention d’un nouveau schéma familial, l’évolution possible de la législation… Un témoignage écrit avec justesse, qui apporte un éclairage bienvenu sur une question d’actualité. Myriam Blanc ne cherche pas à faire de son histoire un modèle, elle se contente d’expliquer avec une grande honnêteté intellectuelle, et non sans humour, ses choix et ceux de sa famille.

Douru Muriel, Deux mamans et un bébé, éd. KTM, 2011. Homoparentalité, lesbien

« Sur mon lit d’accouchement, mon bébé dans les bras, je suis une de ces milliers de femmes qui, à chaque seconde dans le monde, donnent la vie. Mais c’est une autre femme qui m’a accompagnée dans l’effort, une femme que j’aime. Une femme avec qui j’ai désiré cet enfant et qui m’a suivie dans un long parcours à l’étranger. Dans notre pays, la France, on nous reconnaît le droit d’être lesbiennes. Nous pouvons même nous unir légalement.
Mais on ne nous autorise toujours pas ce droit pourtant élémentaire : celui d’avoir des enfants. […] Les politiciens, les psychologues, les intellectuels, défilent dans les médias pour donner gravement leur avis sur le sujet. Et pendant ce temps-là, sans attendre leur autorisation, nous sommes des milliers, hommes et femmes, à devenir parents ».

Léotard Axel, Mauvais genre, éd. Hugo et compagnie, 2009. Trans

Paris est pour moi la ville de tous les possibles, je ne me suis jamais sentie femme, jamais sentie homme ; je ne me suis jamais sentie hétérosexuelle ou homosexuelle. Ce qui m’a été donné à voir sur ces premiers mois m’a conforté dans la certitude de ce que j’étais, j’y mets enfin un mot et un état. On ne devient pas transsexuel, on naît transsexuel. De l’enfance à l’adolescence, j’ai appris tant bien que mal, à évoluer dans un genre qui n’est pas le mien, cherchant à aménager un terrain de vie que je trouve glissant, là où mes camarades d’écoles en pleine adolescence s’épanouissent.
Ne me reconnaissant pas dans un rapport hétérosexuel, je découvre les plaisirs lesbiens. Ne me reconnaissant pas dans un jeu social où ma place est assignée de facto, j’engrange les poèmes des fous, faisant des recueils de poésies d’Antonin Artaud et d’autres, mes livres de chevets. À défaut de m’insérer dans « une normalité » j’appréhende la folie. À seize ans, le hasard me fait lire l’histoire d’une femme née homme et devenue avocate au barreau.
J’acquiers la certitude que la notion de fatalité est un piège à cons.

Sombrun Corine, Les tribulations d’une chamane à Paris, éd. Albin Michel, 2007, rééd. Pocket, coll. Pocket Spiritualité, 2009. Lesbien

Comment être chamane à Paris ?
En Mongolie, les chamanes ont reconnu Corine Sombrun comme l’une des leurs. Trois ans durant, ils l’ont initiée à la culture de la steppe, à la croyance aux esprits et à la magie. Mais, de retour à Paris, comment répondre aux attentes de ses proches qui lui demandent, à son corps défendant, toutes sortes de rituels pour apporter la chance, la santé et l’amour ? En quoi la réalité citadine occidentale est-elle si différente du mode de vie traditionnel et tribal ?
Sa rencontre avec une ethnopsychiatre, très au fait des dernières découvertes en neurobiologie, va l’amener à saisir la fragile frontière entre logique et crédulité, raison et superstition, et à mieux comprendre ses propres facultés. Ce qui n’empêche cependant pas l’inattendu de surgir…
Ce récit d’une expérience limite révèle avec humour les voies escarpées d’un parcours chamanique, entamé avec le Journal d’une apprentie chamane et Mon initiation chez les chamanes, dressant, entre science et tradition, un état encore inédit des connaissances actuelles sur le sujet.

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