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Les papas de Violette

J’ai tendance à m’intéresser particulièrement à la représentation de l’homosexualité dans les livres à destination des plus jeunes, donc quand Les papas de Violette m’est tombé entre les mains, j’avais vraiment l’envie de le défendre.

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Bon, malheureusement, après lecture, il n’en ressort pas grand-chose de positif.

Graphiquement, je n’adhère pas spécialement, mais ça c’est une affaire de goût, et ça n’engage que moi. A vrai dire, je trouve un côté un peu rétro au dessin, mais avec des couleurs actuelles et flashy, l’ensemble ne me parle pas du tout.

Pour ce qui est du texte, c’est une petite fille qui parle, et dès le début, et pendant tout l’album, j’ai eu l’impression de lire un discours d’adulte plaqué dans la bouche d’une enfant, ce qui m’a beaucoup gênée.

Passons à l’histoire, proprement dite.

Tout commence comme ça :

A l’école, j’ai zéro copine.

Un jour, Cécile m’a dit que c’est parce que je suis trop bizarre.

« Ma mère m’a dit ton secret et moi je vais le répéter !

Hé ! Tout le monde, devinez quoi ? Violette a deux papas !

Ils se tiennent par la main et ils se font des câlins ! »

En soi, ce n’est pas un mal de montrer l’homophobie et l’intolérance à laquelle peuvent être confrontés des enfants de couple homos, mais ici, rien ne vient contrebalancer. Pas d’instit, pas de parents, et même les parents de Violette n’abordent pas le sujet avec elle. Seuls les enfants sont présents, et tous stupides et bornés, soit.

S’ensuivent plusieurs pages qui expliquent à quel point ses papas sont des parents comme les autres, qui finalement n’apportent pas grand-chose, avant de passer à la tristesse de Violette de ne pas pouvoir profiter de ses deux parents au grand jour (et encore une fois, jamais, et sans un regard autre que le sien).

Et là, le summum à mon sens, tout change le jour où cette fameuse Cécile (la méchante de la première page donc) arrive à l’école en pleurant, et est fuie par toutes ses amies

« Mon papa est parti. Hier soir, il m’a dit bonne nuit, mais ce matin il avait disparu. Maman dit qu’il ne reviendra plus… »

Ok, donc le père disparait du jour au lendemain comme ça, sans laisser de traces, c’est hyper rassurant pour les enfants. On ne parle pas de séparation, de divorce, ou même de décès, non, il a juste disparu, sans explication.

Et les autres enfants, les vilains, ne veulent plus approcher la pestiférée Cécile pour la peine… Et Violette, trop gentille, s’empresse d’en faire sa nouvelle et seule amie, qui d’un coup :

Mais ce qu’elle préfère entre tout ça, ce sont mes deux papas.

D’accord… Donc bien sûr, en primaire, on a des copains en fonction de leurs parents et pas des jeux qu’on va faire avec eux.

Et en 2017, dans une école lambda, on essaie de nous faire croire que les enfants ont tous un papa, une maman ?! (C’est la Manif pour tous qui finance le livre peut être…) Aucun n’a des parents séparés, divorcés, juste une maman ou un papa, pour diverses raisons ? Est-ce une blague ?

Je ne peux même pas défendre ce livre, parce que je n’arrive pas à y voir une ouverture, un dialogue, une amorce de réflexion de tout ce qu’on peut aborder sur le sujet avec des enfants de cet âge là.

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Marre du rose

marre-du-roseJe ne suis pas totalement dans le sujet lgbt mais combattre les préjugés sexistes me semble tout aussi important, j’ai donc envie de vous parler d’un album jeunesse qui fait parti de ma bibliothèque : Marre du rose de Nathalie Hense, illustré par Ilya Green (illustratrice que j’aime beaucoup). Une petite fille raconte qu’elle aime le noir et que le rose ça lui sort par les yeux, de même que tous les trucs de princesse. Elle aime des choses considérées comme des choses de garçon et se fait traiter de garçon manqué et ne comprend pas pourquoi on critique son copain, considéré comme trop sensible parce qu’il coût et dessine des fleurs. Je le trouve très touchant cet album. Avec des questions d’enfants, il montre bien l’absurdité de cette répartition cloisonnée entre ce qu’une fille est censée être et ce qu’un garçon est censé être. Et les illustrations sont très chouettes et servent très bien le propos. A l’heure où les librairies sont envahies de livres « pour les filles », de rose et de paillettes à tout va, ça fait du bien!

Je ne peux pas résister, j’ai envie de vous en mettre un extrait :

« Moi, j’aime le noir.
D’habitude, les filles, elles aiment le rose, ça me sort par les yeux! Et c’est pareil pour les princesses, les tralalas de princesse, les rubans et aussi les poupées. Mais quand en plus c’est rose, là, ça me sort par les trous de nez!
Maman dit que je suis un garçon manqué. Ca veut dire que je suis comme un garçon mais pas un garçon quand même.
C’est comme dire « étoile d’araignée » au lieu de « toile d’araignée », ça ressemble mais c’est pas ça. Moi, je suis une étoile d’araignée, je ressemble, mais c’est pas ça… »