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Fairyland, d’Alysia Abbott

J’ai du mal à ne pas entrer dans une librairie quand j’en croise une, et à me laisser porter par ce que je vois. Une fois n’est pas coutume, je suis rentrée dans une chouette librairie que je ne connaissais pas, et portée par la magie du lieu, j’en suis ressortie avec deux livres sous le bras. Celui qui nous intéresse ici s’appelle Fairyland, et avec les lettres de son titre au couleur de l’arc en ciel, je me suis doutée qu’il pouvait m’intéresser.

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Et j’avais bien raison, parce qu’une fois commencé, j’ai eu du mal à le lâcher. Dans Fairyland, Alysia Abbott nous raconte son enfance et sa vie de jeune adulte auprès de son père, le poète Steve Abbott. Orpheline de mère à 2 ans, c’est son père, homosexuel, qui l’a élevée. Sa fille raconte donc son enfance à San Francisco dans les années 70, puis l’arrivée du sida dans les années 80.

Son enfance a été peu banale, tout d’abord parce que l’homosexualité à l’époque n’avait rien d’évident, et l’homoparentalité encore moins. Alysia alternait entre des moments entourée d’homosexuels se travestissant, et vivant leur homosexualité de façon flamboyante et sans se cacher, et d’autres moments à l’école ou dans la famille de sa mère où elle préférait et/ou devait le taire.

Son père, poète donc, avait une vie de bohème, et vivait dans un monde entouré d’artistes. Même si sa fille était très importante, l’art et l’écriture étaient tout pour lui, et pas toujours conciliables avec la paternité.

Alysia Abbott raconte donc tous ses souvenirs, aidée pour cela par le journal que tenait son père. Le livre est également ponctué de quelques poèmes illustrés, et de photos. Les souvenirs de petite fille et le journal dans un premier temps, puis leur correspondance lorsqu’elle était jeune adulte et que son père était alors atteint du sida, permettent de se faire une idée de leur relation très forte, même si souvent compliquée. On sent toute la tendresse et l’amour qui existaient entre les deux, et la difficulté pour Alysia d’avoir un père « hors normes ».

Mais Fairyland, en plus d’être un portrait d’un père et de sa fille, est aussi un portrait du San Francisco des années 70 et 80. On y est plongé comme si on y était, au milieu de noms et de faits qui nous sont familiers. J’ai parfois eu l’impression et le plaisir de me retrouver dans les Chroniques de San Francisco, d’Armistead Maupin.

Très beau livre donc, que j’ai regretté de fermer après avoir lu les dernières pages, après avoir assisté comme Alysia a la fin prématurée de Steve Abbott, et de tant d’autres comme lui.

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