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Silence radio, d’Alice Oseman

51XctqmdGuL._SX195_Silence radio, qu’est-ce que c’est ? Un roman pour ados, et un bon !

Frances est la lycéenne parfaite et studieuse, représentante des élèves, qui rêve de rentrer à Cambridge. Sans véritables amies, elle est toute à sa tâche et à ses études.

En parallèle à cette identité assez fade, Frances est passionnée de dessins, et fait des fan arts d’une émission radiophonique plutôt méconnue sur Youtube, Universe City. Jusqu’au jour où le Créateur (dont l’identité est secrète) la contacte pour illustrer l’émission, après avoir vu ses œuvres sur son Tumblr.

Frances va également se rapprocher d’un garçon timide et réservé, Aled, frère jumeau d’une fille dont elle a été l’amie et qui a disparu.

Et là, bonne nouvelle !

Mais avant d’aller plus loin, je voudrais préciser une chose.

Vous vous attendez probablement à ce qu’Aled et moi tombions amoureux. Vu que c’est un garçon, et moi, une fille.

Alors sachez une chose.

Ça n’arrivera pas.

C’est comme ça.

Et ouais, et ça c’est franchement cool ! Parce qu’on assiste à la naissance d’une super amitié entre une fille et un garçon, qui ni l’un ni l’autre n’osent vraiment être ce qu’ils sont et ce qu’ils aiment ailleurs, mais qui ensemble, rapprochés par de nombreux points communs, peuvent se libérer et se lâcher. Et sans sentiments amoureux d’aucun côté !

Pour le reste, que dire, j’ai dévoré ce roman, et je l’ai adoré, mais je n’ai pas vraiment envie de vous en dire trop, parce que j’ai aimé découvrir des choses par petites touches, et sans trop en savoir.

En tout cas, c’est un roman qui aborde des thématiques hyper intéressantes, comme la construction de l’identité (pas toujours évidente à trouver, engoncés que nous sommes dans des cases préétablies), le cyber harcèlement, la dépression, l’asexualité (un sujet si peu traité !). On trouve également des personnages racisés et lgbt (pareil, je ne veux pas trop en dévoiler).

C’est prenant, touchant, et ça pose de bonnes questions sur l’identité et la pression que l’on peut nous mettre ou se mettre et les difficultés à devenir qui l’on est.

 

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Mes hauts mes bas et mes coups de cœur en série, de Becky Albertalli

hautsJe n’avais pas été spécialement emballée par Moi Simon, 16 ans, Homo Sapiens (alors que je lis plein d’avis très positifs sur ce livre donc n’hésitez pas à aller vous faire votre propre avis) mais je me suis quand même laissée tenter par le dernier roman de Becky Albertalli, et bien m’en a pris.

Bon, au début je trouvais ça mal barré, ou casse-gueule en tout cas, je sentais que l’autrice avait envie d’aborder trop de sujets, et ça me faisait un peu peur, et puis finalement ça passe très très bien. Et non, ce n’est pas parce que dès qu’on évoque Steven Universe, ça me radoucit (Non ? Si ? Raaaaahhh peut-être, va savoir !!!)

Enfin bref, Molly est une ado avec des crushs très réguliers et qui n’a jamais eu d’histoire de cœur avec qui que ce soit. Dès les premières pages, elle rencontre une fille qu’elle estime parfaite pour sa sœur jumelle (lesbienne donc). Molly a beau avoir des coups de cœur réguliers pour des garçons, on sent qu’elle se protège et ne tente jamais rien. C’est quelqu’un d’angoissé (on apprend qu’elle prend des médicaments pour ça) et elle arrive à un moment de sa vie où il y a plein de changements. Sa sœur rencontre quelqu’un et elle se pose des questions sur leur relation et a peur de la perdre, leurs mères (et oui !) vont se marier, et surtout, elle va se retrouver prise entre deux garçons, sans savoir quoi faire.

Niveau représentation, on n’est pas mal du tout ! Molly est grosse, l’une de ses mères est racisée ainsi que son frère et la petite amie de sa sœur, on a une famille homoparentale, une lesbienne et une pansexuelle. Il est vaguement question de personnages transgenres aussi (l’un des crushs de Molly, si mes souvenirs sont bons).

Cela dit, et je sais que je ne suis pas une ado d’aujourd’hui, et qu’en une dizaine d’années ça a franchement évolué, mais j’ai quand même un peu été étonnée de la facilité avec laquelle tous ces ados abordent l’homosexualité, la transidentité, la pansexualité (ils connaissent le terme déjà, tous, sans poser de questions, ce qui m’a surprise). Alors que, par exemple, lors d’une discussion sur l’orgasme, personne n’évoque la masturbation… Et donc on se retrouve avec une vierge honteuse de ne pas connaître l’orgasme, et une autre ayant eu des rapports sexuels avec un garçon qui dit qu’elle n’a jamais connu l’orgasme… Donc au niveau orientation sexuelle et identité de genre, elles sont hyper au courant, mais pour le reste, non ? Disons que l’idée même de la masturbation n’est pas abordée, donc c’est le contraste entre les deux qui m’a un peu surprise.

Pour le reste, j’ai vraiment passé un très bon moment, et je ne vous le cache pas, c’est un roman feel-good. Il est à peine question de grossophobie, de racisme ou d’homophobie, mais ça fait du bien, justement, de lire un roman où ça se passe globalement bien, et je me dis que pour des ados lgbt (ou non), c’est top !

 

D’un trait de fusain, de Cathy Ytak

d-un-trait-de-fusainAttention, coup de cœur !

Un superbe roman pour ados et pour tous, dont j’avais entendu le plus grand bien avant même sa sortie, et c’est vrai, c’est une pépite.

Dans les années 90, on suit un groupe de lycéens dans une école d’arts. L’arrivée d’un nouveau modèle, Joos, venu pour poser nu, et beau comme un dieu, va changer pas mal de choses dans la vie de ces ados.

D’un trait de fusain, c’est d’abord un très beau roman sur l’amitié, que l’on sent grandir petit à petit, notamment entre Marie-Ange, mal dans sa peau, qui n’attend qu’une chose, quitter le domicile familial en comptant les jours, et Sami, qui va tomber amoureux de Joos.

Évidemment, on est au début des années 90, et tout ne va pas bien se passer. L’homosexualité déjà, est encore un tabou. Ici il est question de coming-out, à une époque où on parlait de cancer gay… Pas facile pour un jeune homme de 16 ans de le vivre au grand jour. Et évidemment, le Sida ne va pas tarder à faire son apparition, et à déclencher des réactions plus ou moins violentes autour d’eux et au sein même du groupe.

D’un trait de fusain, c’est aussi une histoire d’émancipation, et le personnage de Marie-Ange, qui deviendra Mary est très beau pour ça. Les personnages vont devoir grandir et murir, beaucoup plus vite que prévu, et c’est poignant. Le livre fait écho au magnifique 120 battements par minutes, sorti dans les salles il y a quelques mois. Ici aussi il est question d’Act up, et des gens qui se battent parce qu’eux et leur entourage ont été touchés de plein fouet par la maladie.

Un livre très beau, émouvant, touchant, et profond.

A kiss in the dark, de Cat Clarke

J’avais très envie de lire A kiss in the dark, après avoir découvert Opération Pantalon, et je pense que je me pencherai à l’occasion sur les autres romans de Cat Clarke.

Ce roman est à destination des ados (contrairement au premier que j’ai lu, qui était pour les un peu plus jeunes).

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A kiss in the dark commence comme beaucoup d’histoires, deux ados discutent sur Internet, se rencontrent à un concert, et s’ensuit une histoire d’amour entre les deux. Sauf que… Kate rencontre Alex en étant persuadée que c’est un garçon. Cette dernière est persuadée qu’elle va se rendre compte de sa méprise en la voyant en vrai, mais non. Il se trouve que l’attirance est réciproque, et qu’Alex ne voulant pas perdre ça, va s’enfoncer dans le mensonge. Kate veut un petit ami, pas de souci, elle en aura un.

Passé un moment un peu étrange au niveau de la traduction alternant entre le féminin et le masculin pour Alex, au tout début (alors, oui le français est une langue ultra genrée, mais ça m’a laissée perplexe comme choix malgré tout), je suis tout de suite rentrée dans l’histoire, dans la naissance de l’amour entre Alex et Kate, mais aussi tous les mensonges dans lesquels s’embourbe Alex.

Franchement, leur histoire est si mignonne, que je ressentais le stress d’Alex de mentir à la personne qu’elle aime sur un sujet si… important. Mais est-ce vraiment important ? On sent bien qu’Alex se glisse dans la peau d’un garçon sans effort particulier, à part le fait de se bander la poitrine, et de changer ses vêtements. Alex est un personnage intéressant, parce que pas fondamentalement genré, et qui n’est d’ailleurs pas non plus dans une orientation sexuelle binaire. Elle est tombée amoureuse de Kate, bon il se trouve que c’est une fille, mais elle ne se définit pas comme lesbienne pour autant.

J’ai beaucoup aimé me plonger dans cette histoire, même si honnêtement, je me suis fait du mouron pour les deux personnages. Un seul bémol malgré tout, et ça m’attriste qu’il y en ait un, j’ai trouvé la fin vraiment trop rapide et trop facile, et c’est dommage, je trouve.

A comme aujourd’hui, de David Levithan

a-comme-aujourd-hui-612913-264-432Ça fait un moment que je suis intriguée par ce livre, et je ne sais pas pourquoi je ne m’y suis pas plongée avant, d’autant plus que j’ai découvert en le lisant qu’il était écrit par un des co-auteurs de Will et Will, que j’avais adoré. Bref, voilà qui est réparé, et je regrette de ne pas l’avoir lu avant, parce que j’ai vraiment beaucoup aimé.

A a 16 ans et pourrait être un adolescent lambda, sauf qu’il se réveille chaque matin, depuis toujours, dans la peau d’une personne différente (de son âge, et plus ou moins de la même région, ce qui laisse tout de même de nombreuses possibilités). A s’est adapté à cette vie, essayant de ne pas impacter les vies qu’il emprunte chaque jour.

Mais, car il y a un mais évidemment, le 5994ème jour, A se retrouve dans la peau de Justin, et tombe complètement sous le charme de sa petite amie, Rihannon. A partir de là, tout va changer, pour lui, comme pour les personnes dont il emprunte l’existence, il veut tout faire pour se rapprocher de la jeune fille.

A comme aujourd’hui est vraiment une histoire originale, et très agréable à lire, parce qu’on ne sait jamais dans quel corps A va vivre sa journée. Et les corps qu’il emprunte peuvent l’emmener dans des expériences agréables, heureuses, ennuyeuses, mais aussi tristes, voire terribles. David Levithan dresse des portraits d’ados, qui sont tellement succincts qu’ils pourraient parfois être caricaturaux, mais la sensibilité d’A fait que ce n’est jamais vraiment le cas.

A rêve d’une histoire d’amour avec Rihannon, qui s’annonce plutôt compliquée, d’une part parce qu’elle a déjà un petit ami, mais surtout parce qu’il change de corps et de lieu de vie chaque jour. De plus, pour lui l’enveloppe corporelle a finalement peu d’importance, mais il se rend compte qu’il en est autrement pour Rihannon, qui a plus de mal quand A est dans un corps de fille, par exemple.

A ne sait pas s’il est une fille ou un garçon, ou à quoi il ressemble. Et il peut avoir des coups de cœur pour des filles comme pour des garçons. C’est un personnage atypique en littérature jeunesse, mais aussi en littérature tout court ! On rencontre aussi plusieurs personnages lgbt dans le roman, et notamment un personnage trans, qui fait écho à A.

Être né dans le mauvais corps est l’une des pires choses qui puissent vous arriver. C’est un défi que j’ai souvent eu à relever lorsque j’étais plus jeune, mais uniquement le temps d’une journée. A l’époque, avant d’apprendre à m’adapter – et avant d’accepter les termes de ma vie-, j’avoue avoir souffert de certaines transitions. J’adorais porter les cheveux longs, et je supportais mal de me réveiller le lendemain avec le crâne rasé de près. Certains jours, je me sentais plutôt fille, et d’autres plutôt garçon, mais cette alternance n’était pas toujours synchronisée avec les corps que j’occupais. Et puis je croyais encore les gens affirmant qu’il fallait être soit l’un, soit l’autre. Personne ne me proposait une vision différente, et j’étais trop jeune alors pour me forger ma propre opinion. Ce n’est que plus tard que j’ai compris que je n’étais ni fille ni garçon, tout en étant les deux à la fois.

Ah, si c’est pas queer tout ça ! Bon encore une fois, la traduction en langue française est malheureusement très genrée, et du coup, on parle de A au masculin tout le long. Mais bon, des passages comme celui-ci rattrapent bien le coup, je trouve.

Bref, lisez ce livre, il est beau, touchant, émouvant, poignant, étonnant, romantique, lisez-le, partagez-le !