Archives du mot-clé Amitié

Girlhood, de Cat Clarke

35061143Souvenez-vous, j’avais adoré Opération pantalon et beaucoup aimé A kiss in the dark (malgré la fin beaucoup trop rapide et facile à mon goût), c’est donc avec enthousiasme que je me suis plongée dans le dernier roman de Cat Clarke, Girlhood. Bon, évidemment quand on a beaucoup d’attentes c’est quitte ou double, et là je dois avouer ma déception.

Alors d’accord, j’ai dévoré le roman en une soirée, parce que c’était prenant et que les personnages étaient attachants mais franchement, après mes deux précédentes lectures qui avaient des sujets pour le moins originaux (un jeune transgenre qui veut arrêter le port obligatoire de la jupe dans son lycée, et une fille qui un peu malgré elle se fait passer pour un garçon auprès de sa petite amie), j’avais des attentes un peu poussées quoi…

Harper et son groupe d’amies cohabitent dans un pensionnat au fin fond de l’Écosse. Elles sont très soudées, et connaissent le passé douloureux d’Harper, dont la sœur jumelle est décédée après avoir sombré dans l’anorexie.

Un jour, une nouvelle élève arrive, Kristy, et tout va changer.

Et voilà, nous avons donc la situation déjà vu mille fois du groupe de copines dans un pensionnat, sympathique certes, mais déjà vu, et on en rajoute encore dans le cliché avec la nouvelle un peu creepy qui arrive et sympathise avec l’héroïne, la manipule allégrement sous le regard effaré des autres. Kristy coupe Harper de son groupe d’amies petit à petit et lui ressemble de plus en plus (nan mais le cliché du changement de coupe de cheveux qui fait comprendre qu’on est face à une nana psychopathe ça suffit quoi ! c’est vu, revu et rerevu !).

Voilà voilà, donc ce n’est pas très original, vous l’aurez compris. Le roman n’est pas mauvais pour autant, mais j’attendais beaucoup plus de la part de cette autrice.

Niveau visibilité, on a un personnage lesbien et un personnage bi, et c’est accepté par tout le monde. Le message sur l’amitié est plutôt chouette aussi.

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Silence radio, d’Alice Oseman

51XctqmdGuL._SX195_Silence radio, qu’est-ce que c’est ? Un roman pour ados, et un bon !

Frances est la lycéenne parfaite et studieuse, représentante des élèves, qui rêve de rentrer à Cambridge. Sans véritables amies, elle est toute à sa tâche et à ses études.

En parallèle à cette identité assez fade, Frances est passionnée de dessins, et fait des fan arts d’une émission radiophonique plutôt méconnue sur Youtube, Universe City. Jusqu’au jour où le Créateur (dont l’identité est secrète) la contacte pour illustrer l’émission, après avoir vu ses œuvres sur son Tumblr.

Frances va également se rapprocher d’un garçon timide et réservé, Aled, frère jumeau d’une fille dont elle a été l’amie et qui a disparu.

Et là, bonne nouvelle !

Mais avant d’aller plus loin, je voudrais préciser une chose.

Vous vous attendez probablement à ce qu’Aled et moi tombions amoureux. Vu que c’est un garçon, et moi, une fille.

Alors sachez une chose.

Ça n’arrivera pas.

C’est comme ça.

Et ouais, et ça c’est franchement cool ! Parce qu’on assiste à la naissance d’une super amitié entre une fille et un garçon, qui ni l’un ni l’autre n’osent vraiment être ce qu’ils sont et ce qu’ils aiment ailleurs, mais qui ensemble, rapprochés par de nombreux points communs, peuvent se libérer et se lâcher. Et sans sentiments amoureux d’aucun côté !

Pour le reste, que dire, j’ai dévoré ce roman, et je l’ai adoré, mais je n’ai pas vraiment envie de vous en dire trop, parce que j’ai aimé découvrir des choses par petites touches, et sans trop en savoir.

En tout cas, c’est un roman qui aborde des thématiques hyper intéressantes, comme la construction de l’identité (pas toujours évidente à trouver, engoncés que nous sommes dans des cases préétablies), le cyber harcèlement, la dépression, l’asexualité (un sujet si peu traité !). On trouve également des personnages racisés et lgbt (pareil, je ne veux pas trop en dévoiler).

C’est prenant, touchant, et ça pose de bonnes questions sur l’identité et la pression que l’on peut nous mettre ou se mettre et les difficultés à devenir qui l’on est.

 

Mes hauts mes bas et mes coups de cœur en série, de Becky Albertalli

hautsJe n’avais pas été spécialement emballée par Moi Simon, 16 ans, Homo Sapiens (alors que je lis plein d’avis très positifs sur ce livre donc n’hésitez pas à aller vous faire votre propre avis) mais je me suis quand même laissée tenter par le dernier roman de Becky Albertalli, et bien m’en a pris.

Bon, au début je trouvais ça mal barré, ou casse-gueule en tout cas, je sentais que l’autrice avait envie d’aborder trop de sujets, et ça me faisait un peu peur, et puis finalement ça passe très très bien. Et non, ce n’est pas parce que dès qu’on évoque Steven Universe, ça me radoucit (Non ? Si ? Raaaaahhh peut-être, va savoir !!!)

Enfin bref, Molly est une ado avec des crushs très réguliers et qui n’a jamais eu d’histoire de cœur avec qui que ce soit. Dès les premières pages, elle rencontre une fille qu’elle estime parfaite pour sa sœur jumelle (lesbienne donc). Molly a beau avoir des coups de cœur réguliers pour des garçons, on sent qu’elle se protège et ne tente jamais rien. C’est quelqu’un d’angoissé (on apprend qu’elle prend des médicaments pour ça) et elle arrive à un moment de sa vie où il y a plein de changements. Sa sœur rencontre quelqu’un et elle se pose des questions sur leur relation et a peur de la perdre, leurs mères (et oui !) vont se marier, et surtout, elle va se retrouver prise entre deux garçons, sans savoir quoi faire.

Niveau représentation, on n’est pas mal du tout ! Molly est grosse, l’une de ses mères est racisée ainsi que son frère et la petite amie de sa sœur, on a une famille homoparentale, une lesbienne et une pansexuelle. Il est vaguement question de personnages transgenres aussi (l’un des crushs de Molly, si mes souvenirs sont bons).

Cela dit, et je sais que je ne suis pas une ado d’aujourd’hui, et qu’en une dizaine d’années ça a franchement évolué, mais j’ai quand même un peu été étonnée de la facilité avec laquelle tous ces ados abordent l’homosexualité, la transidentité, la pansexualité (ils connaissent le terme déjà, tous, sans poser de questions, ce qui m’a surprise). Alors que, par exemple, lors d’une discussion sur l’orgasme, personne n’évoque la masturbation… Et donc on se retrouve avec une vierge honteuse de ne pas connaître l’orgasme, et une autre ayant eu des rapports sexuels avec un garçon qui dit qu’elle n’a jamais connu l’orgasme… Donc au niveau orientation sexuelle et identité de genre, elles sont hyper au courant, mais pour le reste, non ? Disons que l’idée même de la masturbation n’est pas abordée, donc c’est le contraste entre les deux qui m’a un peu surprise.

Pour le reste, j’ai vraiment passé un très bon moment, et je ne vous le cache pas, c’est un roman feel-good. Il est à peine question de grossophobie, de racisme ou d’homophobie, mais ça fait du bien, justement, de lire un roman où ça se passe globalement bien, et je me dis que pour des ados lgbt (ou non), c’est top !

 

D’un trait de fusain, de Cathy Ytak

d-un-trait-de-fusainAttention, coup de cœur !

Un superbe roman pour ados et pour tous, dont j’avais entendu le plus grand bien avant même sa sortie, et c’est vrai, c’est une pépite.

Dans les années 90, on suit un groupe de lycéens dans une école d’arts. L’arrivée d’un nouveau modèle, Joos, venu pour poser nu, et beau comme un dieu, va changer pas mal de choses dans la vie de ces ados.

D’un trait de fusain, c’est d’abord un très beau roman sur l’amitié, que l’on sent grandir petit à petit, notamment entre Marie-Ange, mal dans sa peau, qui n’attend qu’une chose, quitter le domicile familial en comptant les jours, et Sami, qui va tomber amoureux de Joos.

Évidemment, on est au début des années 90, et tout ne va pas bien se passer. L’homosexualité déjà, est encore un tabou. Ici il est question de coming-out, à une époque où on parlait de cancer gay… Pas facile pour un jeune homme de 16 ans de le vivre au grand jour. Et évidemment, le Sida ne va pas tarder à faire son apparition, et à déclencher des réactions plus ou moins violentes autour d’eux et au sein même du groupe.

D’un trait de fusain, c’est aussi une histoire d’émancipation, et le personnage de Marie-Ange, qui deviendra Mary est très beau pour ça. Les personnages vont devoir grandir et murir, beaucoup plus vite que prévu, et c’est poignant. Le livre fait écho au magnifique 120 battements par minutes, sorti dans les salles il y a quelques mois. Ici aussi il est question d’Act up, et des gens qui se battent parce qu’eux et leur entourage ont été touchés de plein fouet par la maladie.

Un livre très beau, émouvant, touchant, et profond.

Alice au pays du réel, d’Isabel Franc et Susanna Martin

alice_au_pays_du_reel_couvTout commence par un prologue où Isabel Franc explique le pourquoi de cette BD. Autrice de plusieurs romans (elle a notamment publié une trilogie de romans policiers sous le pseudonyme de Lola Van Guardia)), elle s’est associée à une dessinatrice pour parler du cancer du sein. Elle s’est inspirée de sa propre histoire mais pas seulement, et à la demande de ses amis et connaissances, a décidé d’en parler avec humour. Le choix de la BD s’est imposé, pour que le livre soit accessible plus facilement à des personnes en chimio, dont l’énergie est mise à mal. Le média de l’image est alors plus simple pour rentrer facilement dans l’histoire.

Honnêtement, j’avais pas mal d’attentes sur cette BD, ça m’avait l’air chouette, utilisant l’humour tout en parlant d’un sujet grave, mais j’ai été déçue…

Je crois que le côté lesbiennes, amies, amantes, m’a un peu évoqué Gouines à suivre d’Allison Bechdel (dont je viendrai parler un jour, promis, juré, craché !) et bon, évidemment, rien à voir, et j’avais probablement mis la barre assez (trop ?) haute.

alice_au_pays_du_reel_imageBref, du coup, tout va très vite, de saynète en saynète, de la vie très remplie d’Alice, de ses nombreuses amies, de ses deux amies/amantes, de la découverte de son cancer, à la chimio, à l’ablation du sein… Bref, tout va trop vite, sans qu’on ait le temps de s’attacher aux personnages. L’autrice a voulu trop en dire, et même si elle évoque des sujets intéressants (que faire après l’ablation d’un sein : reconstruction, soutien-gorge rembourré, laisser tel quel ou assumer avec un tatouage ? ; comment retrouver une vie sexuelle après toutes ces épreuves ? etc), au final, et c’est triste à dire, je ne retiens rien de cette BD.