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The handsome girl & her beautiful boy, de B.T. Gottfred (livre en VO)

handsome girlDans la lignée de Symptoms of being human (et dans ma joie de voir enfin une représentation d’un personnage genderfluid), j’ai enchainé avec The handsome girl & her beautiful boy, avec l’impression que ce roman allait traiter des mêmes thématiques.

Et bien, pas vraiment en fait.

De quoi ça parle déjà ? Tout le monde pense que Zee est lesbienne (vêtements, préjugés, tout ça), alors qu’elle se meurt d’amour pour son meilleur ami, Cam, qui d’une part, ignore totalement ses sentiments à son égard, d’autre part, sort avec Abaigail.

Un jour, Abigail est contrainte d’amener son frère, Art lors d’une soirée avec Zee et Cam. Tout le monde pense qu’Art est gay. Sauf que non, et surtout, il tombe immédiatement sous le charme de Zee.

Bon, ça c’est le point de départ. Donc déjà, l’idée c’est de dénoncer les clichés, et ça franchement je dis oui, très bien ! Mais ensuite, j’ai trouvé le temps loooooong… Et j’ai en gros attendu un peu désespérément qu’il se passe quelque chose pendant bien une centaine de pages… Peut-être est-ce dû à l’alternance des chapitres (et donc des personnages), beaucoup trop courts à mon goût, ou au personnage de Art, trop « fabuleux » pour moi (enfin disons que pour moi c’est du déjà vu, et qu’en l’occurrence ici, j’ai eu du mal à m’attacher à lui).

Et la suite n’est pas forcément mieux. Pourtant ce livre aborde des thématiques vraiment intéressantes : le deuil, l’abandon, la parentalité mais aussi l’orientation sexuelle, et l’identité de genre. Plutôt pas mal ! Mais rien ne colle, le nombre de fois où je me suis dit « Mais qui sont ces gens ?! Qui réagit comme ça ? Où est la logique, la cohérence ? ». Et à chaque fois j’ai pensé « Ah oui, tiens sur l’idée ça pourrait être intéressant… ». Mais voilà, pour moi ce livre est fait de bonnes idées, mais qui ne collent pas, qui ne sont pas bien exploitées. L’idée d’avoir deux personnages qui ne rentrent pas dans les cases habituelles est plutôt chouette, l’idée de les mettre en couple, et de les sentir hésiter et sur leur genre et sur leur orientation sexuelle aussi (surtout qu’ils sont en pleine adolescence, âge de tous les possibles, d’explorations et de découvertes), mais c’est pas cohérent, et j’ai eu envie de foutre des baffes à tellement de personnages (et peut être à l’auteur aussi, surtout ?).

Niveau représentation, on retrouve des personnages gays et lesbiens. Et Zee et Art sont en pleine recherche d’eux même, mais au final, on ne voit pas trop où ça va et ce que ça apporte. Pour des adolescents eux mêmes en plein questionnements, est ce que ça peut aider ? Franchement, je n’en sais rien. A voir que les choses ne sont pas forcément figées ? Oui, peut être…

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Le soleil est pour toi, de Jandy Nelson

soleil pour toiCertains livres sont difficiles à résumer, de peur de trop en dire, ou parce que le fond de l’histoire n’est pas le plus important. Donc, comme point de départ, je vous dirai juste que dans ce roman, on va suivre deux adolescents, et plus précisément des jumeaux : Noah et Jude, que tout semble opposer.

Pour le reste, que vous dire… Que Le soleil est pour toi est un roman très beau, qui emporte… loin. Et qui touche, qui émeut, qui emmène dans des histoires de deuil, de fantômes, mêle spiritualité et art, montre des connexions entre les gens (spirituelles, familiales, artistiques, amoureuses…), nous emmène dans des univers artistiques. Car oui, pendant la lecture de ce roman, votre esprit sera rempli de couleurs, de lignes, de traits, de peintures, de matière, de sculpture, de sable, d’argile, de pierre… Mais aussi de douleur, d’amour, de haine (de soi-même, souvent), d’acceptation, d’ouverture, de compréhension…

Bref, ce roman est si beau, je ne peux que vous encourager à le lire.
Ouais, je sais, j’ai pas du tout parlé représentation. Et bien sachez qu’il est question d’homosexualité masculine, et que c’est bien traité, voilà voilà !

Merci à La bibliothèque volatile pour cette belle découverte !

Stéréotypes, de Gilles Abier

stéréotypesJ’étais intriguée par le résumé éditeur de Stéréotypes :

Après la quasi-destruction de l’humanité, les survivants ont mis en place une organisation personnalisée et égalitaire de la société, appelée la Synthèse. Dès sa naissance, chaque individu est testé pour déterminer son trait de caractère principal parmi neuf Types référencés. Le chiffre tatoué sur son poignet droit lui servira de guide pour toute sa vie, dans son éducation, son parcours professionnel et même sa sexualité. Car qui vit en harmonie avec sa personnalité profonde n’est pas enclin à faire le mal… Mais, les années passant, des Types dominants prennent le pouvoir, interdisant les relations entre Types différents. L’idéal d’harmonie de la Synthèse originelle devient apartheid. Aussi, des voix s’élèvent, des destins s’entremêlent et la résistance s’organise au nom du libre-arbitre et de la liberté d’aimer qui on veut.

Naïvement, c’est le genre d’histoire où je me dis qu’il y a un potentiel lgbt, donc j’ai envie d’aller voir ce que ça donne.

En lisant les premières pages, je me suis rendue compte que Stéréotypes reprenait à son compte le principe de l’ennéagramme. En relisant le résumé ça me semble évident mais je n’ai pas dû y prêter attention sur le coup. Le problème, c’est que m’étant intéressée d’assez près à ce sujet, je n’ai pas pu m’en détacher. Alors, oui, on est d’accord, Stéréotypes ne prétend à aucun moment être un livre documenté ou informatif, mais pourquoi prendre quelque chose qui existe dans ce cas ? Là, ce n’est pas simplement inspiré, puisque les neuf types de personnalités sont les mêmes que dans l’ennéagramme.

Bon, je sens que certains sont perdus, et c’est bien normal, donc l’ennéagramme déjà, qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’une typologie décrivant neuf types (ou ennéatypes) et correspondant à neuf motivations fondamentales, elles-mêmes liées à neuf évitements fondamentaux. Les neuf types peuvent être représentés sur une figure géométrique par neuf points inscrits dans un cercle.

Selon ses promoteurs, et contrairement à d’autres systèmes psychologiques, l’ennéagramme ne décrit pas des comportements, mais des motivations sous-jacentes qui vont provoquer des comportements chez les individus. Chaque type de l’ennéagramme (on parle aussi d’ennéatype) est piloté par une compulsion d’évitement. C’est-à-dire qu’il cherche à tout prix, et de manière souvent inconsciente, à éviter une chose particulière. Dans cette compréhension, il n’y aurait donc pas de bons ou de mauvais types.

Diagramme

Bref, je ne vais pas vous faire un cours sur l’ennéagramme (j’ai peur d’en avoir déjà perdu en cours de route), mais vous noterez que les 9 types sont répartis sur un cercle, et reliés par des flèches, et donc en gros, on n’est pas limité aux caractéristiques de son seul type. Personnellement, l’ennéagramme m’a beaucoup apporté, mais justement par sa richesse. Alors oui, il y aura certainement des points communs entre deux personnes du même type, mais c’est beaucoup plus complexe que cela, comme la nature humaine quoi ! Ce que l’on ne ressent pas du tout dans ce livre.

Certes, on est dans un monde qui bascule petit à petit dans l’autoritarisme. A la base, on typait les gens pour que chacun se connaisse mieux, et pour éviter les conflits et les guerres. Petit à petit on a dérivé dans un monde où les types sont organisés par corps de métiers (les Loyalistes sont dans les forces de l’ordre, les Altruistes dans le soin, vous avez compris l’idée), et où les personnes d’un type sont obligées d’avoir conjoint et enfants du même type.

Du coup, on se retrouve dans un monde assez caricatural, et personnellement, je n’ai eu d’empathie pour aucun des personnages. De même que certains éléments m’ont parus étranges, et peu cohérents : les enfants sont typés dès la naissance (voire même avant), mais certains sont des Entre deux. Mais d’où ça sort s’ils sont censés avoir leur propre type avant même la naissance ?!

Bref, en connaissant l’ennéagramme, ce livre n’a aucun sens, et en fait une simple caricature, comme si l’auteur était tombé sur une plaquette explicative sur le sujet, et l’avait réduit au maximum. Mais si on sort de cette, disons « inspiration », on se retrouve tout de même avec des personnages peu creusés et caricaturaux. Et franchement, je me suis profondément ennuyée et ai vraiment eu beaucoup de mal à finir ma lecture. Pour l’histoire, c’est globalement du déjà vu, et sans personnages attachants et avec un minimum de profondeur, ça tombe franchement à plat.

En termes de représentation lgbt, j’ai attendu un moment et commençais à désespérer, jusqu’au moment où une histoire entre deux garçons s’est profilée, et où j’ai désespéré pour d’autres raisons.

On a donc un jeune Entre deux de 17 ans, qui dans la même journée, se fait tester et typer, part en hélicoptère pour une nouvelle vie qui sort de nulle part, s’écrase en hélicoptère, et couche avec son « ravisseur » juste après le crash. C’est rapide, et peut-être un chouia too much, non ? Sans compter que son ravisseur s’avère être un monstre sans foi ni loi, mais que lui est partagé entre désir et répulsion. Mouais, mais à part son physique, on ne comprend vraiment pas ce qu’il lui trouve, donc encore une fois, où est la cohérence ?

Ajouté à cela que ce n’est pas très bien écrit, et je suis sûre que je vous ai donné une folle envie de vous plonger dans Stéréotypes.

Libération, de Patrick Ness

CVT_Liberation_7729Adam est un jeune homme de presque 18 ans, fils d’un pasteur évangélique, et accessoirement gay (dans le placard auprès de sa famille, on imagine bien pourquoi). Entouré d’Angela, sa meilleure amie, de Linus, son amant, et d’Enzo, son ex qui va fêter son départ le soir même, Adam s’apprête à vivre une journée pleine de mauvaises surprises.

Parallèlement à cela, on apprend qu’une jeune fille, Katie, a été tuée par son petit copain. Et son esprit va partir en quête de son assassin. Bon, je vous le dis toute de suite, on alterne les chapitres entre Adam, et cette fameuse Katie, enfin son fantôme quoi, et, comment dire… Autant les chapitres sur Adam sont très bien, autant j’ai lu les autres en mode « What the fuck ?! » et avec un ennui non dissimulé. Comprenez-moi bien, je n’ai rien contre les histoires de fantômes mais là, franchement, je ne vois pas du tout, mais alors vraiment pas, ce que ça peut apporter à l’histoire.

Mais, le reste est franchement chouette, donc ben, j’ai pris mon mal en patience et j’ai lu en diagonale les chapitres qui ne m’intéressaient pas, au cas où ça aurait une importance pour le reste de l’histoire (spoiler alerte : non).

J’ai beaucoup aimé entrer dans la vie d’Adam, qui clairement en bave beaucoup en cette journée. J’ai aimé sa relation avec sa meilleure amie, ses difficultés avec l’amour et les sentiments amoureux, sa sexualité qui, même si elle est cachée, est présente et plutôt épanouie, et ses relations compliquées avec sa famille. Clairement, c’est la partie que j’ai trouvée la plus intéressante. Adam est le plus jeune. Son grand frère est promis à un avenir religieux, et il est beau comme un dieu. Mais, car il y a un mais, il n’a pas le pouvoir charismatique d’Adam. Et on sent les parents partagés, entre ce fils plein de potentiels, mais qui, ils le sentent bien, ne rentre pas dans les cases qu’ils attendent, et leur aîné, qui a tout du fils idéal (jusqu’au jour où) mais qui leur semble bien terne. J’ai trouvé l’échange entre Adam et son père extrêmement fort, juste et douloureux. Et rien que pour ça, je trouve que Libération en vaut la peine.

Leah à contretemps, de Becky Albertalli

CVT_Leah-a-Contretemps_9023Alors que Love, Simon (adaptation de Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens) est actuellement dans les salles, une sorte de suite ou plutôt de spin-off, est sorti dans les librairies. On se concentre donc ici sur le personnage de Leah, qui fait partie de l’entourage de Simon.

Je n’avais pas spécialement accroché à Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens, j’ai donc été un chouïa surprise de l’engouement autour du livre (qui certes reste sympathique) et du fait qu’il y ait une adaptation ciné. Et puis, j’ai lu Mes hauts, mes bas et mes coups de cœur en série, et j’ai été plus facilement séduite, peut-être que c’est une question de timing de lecture, je ne sais pas. En tout cas, je me suis laissée emporter avec plaisir dans ce roman feel-good qui abordait pas mal de sujets l’air de rien.

 

J’étais donc à la fois curieuse et sceptique avec ce nouveau roman, allais-je accrocher ou non ? Et bien… Pas plus que ça, il faut bien l’avouer. Même si on rentre dedans trèèèès facilement, et pour cause, on retrouve plein de personnages qu’on connait déjà. Mais pour la suite… J’ai eu l’impression d’assister à du fan service. On retrouve non seulement Simon (qui file le parfait amour avec son petit copain), et toute sa clique, mais il est aussi fait référence aux personnages de Mes hauts, mes bas et mes coups de cœur en série. Côté histoire par contre, j’ai trouvé ça plus que léger, d’autant que la fin est totalement prévisible. Donc passer plus de 200 pages sur les atermoiements d’une adolescente face à ses sentiments pour une autre, ça va bien 5 minutes, mais ça finit par devenir longuet quoi ! D’autant que le personnage de Leah n’est pas spécialement attachant, et même si au début ça ne me choquait pas, à force j’ai trouvé ça assez lourd. Elle est certes mal dans sa peau, mais du coup on a l’impression qu’elle en veut à la terre entière (y compris et surtout à sa mère, qui fait pourtant tout pour l’aider).

Je ne dirai pas que c’est un mauvais roman, et les amateurs des autres livres de Becky Albertalli seront sans doute contents de renouer avec certains personnages, mais ça reste très superficiel et peu original.

Côté représentation par contre, il y a pas mal de positif. On a donc un personnage bisexuel (Leah n’a fait son coming-out qu’à sa mère, mais elle se définit clairement), un personnage qui se cherche, des personnages gays qui s’assument, un personnage gros, des personnages racisés, et il est question de racisme, de biphobie. On évoque aussi très rapidement l’homoparentalité puisqu’il est question des deux mamans des personnages de Mes hauts, mes bas et mes coups de cœur en série. Et très très rapidement, on a également un personnage non binaire. Là pour le coup, c’est tellement rare que je trouve ça bien que ce soit représenté. Mais… Cela  me laisse un petit goût de pas assez. Le personnage ne fait que passer, et on ne s’attarde pas dessus (au moment d’une soirée qui a l’air mémorable, donc ça aurait pu être développé un peu plus je pense). C’est tellement anecdotique, que ça me fait me poser des questions pour un éventuel autre roman où cette fois ce serait Leah le personnage secondaire, et cette personne non binaire au centre du récit, mais bon, je dois me faire des films.