Archives du mot-clé Homoparentalité

Le fils des géants, de Gaël Aymon et Lucie Rioland

Le fils des géants est un album jeunesse pour les enfants à partir de 4 ans.

61BK43ouwTL._SL1000_Sous la forme d’un conte, il nous décrit l’histoire d’un roi et d’une reine qui ayant eu un enfant si minuscule et doutant de sa survie et de sa force, décident de l’abandonner. Ainsi, ils mettent le nouveau-né dans un dé à coudre en or et le déposent sur une rivière.

L’enfant est récupéré par deux géants, qui s’inquiétant de sa petite taille, de sa peur et de sa tristesse, lui donnent de la force, des mots, et de l’amour. Le garçon devient alors un jeune homme robuste et vit tranquillement à leur côté. Jusqu’au jour où le roi et la reine sont pris dans un orage lors d’un trajet, et trouvent refuge dans la grotte des deux géants. Reconnaissant le dé en or, ils découvrent que leur fils a bien grandi et ferait maintenant un prince absolument parfait. Omettant le fait qu’ils l’aient abandonné volontairement, ils souhaitent récupérer leur enfant.

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Le fils des géants est un album tout simple et assez court, mais en peu de mots, il réussit à toucher et émouvoir. L’amour est au cœur de ce joli conte, et le fait que les parents adoptifs du prince sortent un peu de la norme ( le fait que ce soit deux hommes n’est jamais évoqué, mais bon, ce sont des géants) les met malgré tout au-dessus d’un roi et d’une reine purement intéressés.

Un album qui permet donc d’évoquer tout en douceur les questions de l’adoption et de l’homoparentalité.

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Mes hauts mes bas et mes coups de cœur en série, de Becky Albertalli

hautsJe n’avais pas été spécialement emballée par Moi Simon, 16 ans, Homo Sapiens (alors que je lis plein d’avis très positifs sur ce livre donc n’hésitez pas à aller vous faire votre propre avis) mais je me suis quand même laissée tenter par le dernier roman de Becky Albertalli, et bien m’en a pris.

Bon, au début je trouvais ça mal barré, ou casse-gueule en tout cas, je sentais que l’autrice avait envie d’aborder trop de sujets, et ça me faisait un peu peur, et puis finalement ça passe très très bien. Et non, ce n’est pas parce que dès qu’on évoque Steven Universe, ça me radoucit (Non ? Si ? Raaaaahhh peut-être, va savoir !!!)

Enfin bref, Molly est une ado avec des crushs très réguliers et qui n’a jamais eu d’histoire de cœur avec qui que ce soit. Dès les premières pages, elle rencontre une fille qu’elle estime parfaite pour sa sœur jumelle (lesbienne donc). Molly a beau avoir des coups de cœur réguliers pour des garçons, on sent qu’elle se protège et ne tente jamais rien. C’est quelqu’un d’angoissé (on apprend qu’elle prend des médicaments pour ça) et elle arrive à un moment de sa vie où il y a plein de changements. Sa sœur rencontre quelqu’un et elle se pose des questions sur leur relation et a peur de la perdre, leurs mères (et oui !) vont se marier, et surtout, elle va se retrouver prise entre deux garçons, sans savoir quoi faire.

Niveau représentation, on n’est pas mal du tout ! Molly est grosse, l’une de ses mères est racisée ainsi que son frère et la petite amie de sa sœur, on a une famille homoparentale, une lesbienne et une pansexuelle. Il est vaguement question de personnages transgenres aussi (l’un des crushs de Molly, si mes souvenirs sont bons).

Cela dit, et je sais que je ne suis pas une ado d’aujourd’hui, et qu’en une dizaine d’années ça a franchement évolué, mais j’ai quand même un peu été étonnée de la facilité avec laquelle tous ces ados abordent l’homosexualité, la transidentité, la pansexualité (ils connaissent le terme déjà, tous, sans poser de questions, ce qui m’a surprise). Alors que, par exemple, lors d’une discussion sur l’orgasme, personne n’évoque la masturbation… Et donc on se retrouve avec une vierge honteuse de ne pas connaître l’orgasme, et une autre ayant eu des rapports sexuels avec un garçon qui dit qu’elle n’a jamais connu l’orgasme… Donc au niveau orientation sexuelle et identité de genre, elles sont hyper au courant, mais pour le reste, non ? Disons que l’idée même de la masturbation n’est pas abordée, donc c’est le contraste entre les deux qui m’a un peu surprise.

Pour le reste, j’ai vraiment passé un très bon moment, et je ne vous le cache pas, c’est un roman feel-good. Il est à peine question de grossophobie, de racisme ou d’homophobie, mais ça fait du bien, justement, de lire un roman où ça se passe globalement bien, et je me dis que pour des ados lgbt (ou non), c’est top !

 

Opération Pantalon, de Cat Clarke

CVT_Operation-pantalon_5077J’ai entendu parler d’Opération pantalon sur la chouette chaine Youtube de Mx Cordélia (qui parlait également d’un autre livre de la même autrice, A kiss in the dark, qu’il me tarde de découvrir), ça m’a donné envie de foncer l’acheter, et je ne l’ai pas regretté.

Liv fait sa première rentrée au collège et à son grand désespoir, le port de la jupe y est obligatoire pour les filles. Lui sait très bien qu’il n’en est pas une, mais aux yeux des autres, il est Olivia, ou Liv, mais en tout cas, une fille. Il va donc tout faire pour pouvoir s’habiller comme il le souhaite, et lancer l’Opération pantalon.

Ce n’était pas volontaire, mais les trois derniers romans jeunesse que j’ai lu ont des thématiques qui se croisent. Comme dans Le secret de Grayson, le personnage principal est transgenre et surtout assez jeune, puisqu’en 6ème. La différence entre les personnages m’a d’ailleurs un peu perturbée, j’ai trouvé Liv plus mature que Grayson, il m’a donc semblé un peu plus âgé, mais je me dis que c’est un âge charnière, plein de changements et de chamboulements, qu’il est donc normal que chacun avance à son rythme.

Autre thématique qui revient, celle de l’homoparentalité, comme dans Frangine, Liv a deux mamans (c’est drôle d’ailleurs, parce qu’il me semble que ce sont les premiers romans jeunesse que je lis sur le sujet, je ne compte pas les albums, et il se trouve que je les lis à la suite). Ce qui va d’ailleurs lui poser problème, puisqu’il en parlera tout naturellement dans un cours d’anglais, où chacun doit se présenter, et va se faire harceler par certains de ses camarades suite à cela.

Liv est un personnage très attachant, qui garde son Secret pour lui, n’osant pas en parler à ses mères (qui manifestement se doutent de quelque chose) ni à sa meilleure amie Maisie. Cette dernière rêvant de se rapprocher des gens « populaires » finira d’ailleurs par délaisser son ami un peu trop bizarre à son goût. Heureusement, Liv va se faire un nouvel ami, prêt à l’épauler dans sa volonté de faire disparaître ces règles vestimentaires archaïques.

Opération pantalon est un très beau roman, avec des personnages touchants avec leurs forces mais aussi leurs défauts, et qui parle de tolérance, au sens large (au collège chaque différence peut être vue comme une faiblesse). Et puis on voit peu de garçons transgenres dans les romans, donc ça fait du bien de les voir aussi ! De même que montrer que les familles homoparentales  existent.

Frangine, de Marion Brunet

couv-frangineJe me rends compte que ça fait des lustres que je n’ai pas posté d’article sur ce blog, me revoici donc avec quelques lectures jeunesse.

Frangine m’a été conseillée (si je puis dire, en fait c’était plutôt du genre « Ah bon, tu n’as pas lu Frangine ?! »). Donc maintenant je peux dire que je l’ai lu, et même que je l’ai dévoré.

Frangine est un roman pour ados, dont l’histoire nous est racontée par Joachim. Cette année, il rentre en terminale, et sa petite sœur, Pauline, fait sa grande rentrée au lycée, puisqu’elle passe en seconde. Ils sont assez proches, et ont la particularité d’avoir deux mamans. Manifestement ils ont grandi dans un cocon, assez protégés, et tout a l’air de bien se passer. Joachim est quasiment adulte, et en dernière année au lycée, il ne se rend pas forcément compte que c’est un grand pas pour sa sœur.

Le point de vue de Joachim est intéressant, parce qu’il a une vie de lycéen assez ordinaire, avec ses potes, et un début de relation amoureuse avec une fille, mais il en dévoile plus petit à petit, que ce soit sur ses mères (l’une d’elle a une famille qui n’accepte pas du tout la situation et n’a jamais rencontré ses petits enfants) ou sur comment son entourage a accepté le fait qu’il ait deux mamans (tout n’a pas toujours été tout rose non plus). Le fait qu’il ait passé certaines étapes lui fait oublier qu’il n’en sera pas de même pour Pauline, et peu de temps après la rentrée, il se rend compte que quelque chose cloche, et découvre que sa sœur est harcelée à cause de sa situation familiale.

Que dire de plus ? Franchement, j’ai beaucoup aimé. J’ai trouvé le ton juste, et les relations entre les personnages sont très touchantes. Il y a des ratés, comme dans toutes les familles, où chacun est tellement préoccupé par sa vie ou ses petits problèmes qu’il en oublie les autres, mais on sent tout l’amour qu’il y a entre eux. J’ai aimé le fait que Joachim réalise la différence entre lui et sa sœur, parce qu’ils n’ont pas le même caractère, et que lui est un garçon plutôt costaud. On sent qu’il a envie de défendre sa sœur mais qu’il comprend qu’il doit aussi lui laisser gérer les choses à sa façon à elle.

C’est un beau roman sur l’adolescence, sur l’affirmation de soi, sur la découverte des autres aussi, au sens large. L’homoparentalité est très bien traitée, je trouve, ainsi que les difficultés que le regard des autres peut créer.

 

Les papas de Violette

J’ai tendance à m’intéresser particulièrement à la représentation de l’homosexualité dans les livres à destination des plus jeunes, donc quand Les papas de Violette m’est tombé entre les mains, j’avais vraiment l’envie de le défendre.

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Bon, malheureusement, après lecture, il n’en ressort pas grand-chose de positif.

Graphiquement, je n’adhère pas spécialement, mais ça c’est une affaire de goût, et ça n’engage que moi. A vrai dire, je trouve un côté un peu rétro au dessin, mais avec des couleurs actuelles et flashy, l’ensemble ne me parle pas du tout.

Pour ce qui est du texte, c’est une petite fille qui parle, et dès le début, et pendant tout l’album, j’ai eu l’impression de lire un discours d’adulte plaqué dans la bouche d’une enfant, ce qui m’a beaucoup gênée.

Passons à l’histoire, proprement dite.

Tout commence comme ça :

A l’école, j’ai zéro copine.

Un jour, Cécile m’a dit que c’est parce que je suis trop bizarre.

« Ma mère m’a dit ton secret et moi je vais le répéter !

Hé ! Tout le monde, devinez quoi ? Violette a deux papas !

Ils se tiennent par la main et ils se font des câlins ! »

En soi, ce n’est pas un mal de montrer l’homophobie et l’intolérance à laquelle peuvent être confrontés des enfants de couple homos, mais ici, rien ne vient contrebalancer. Pas d’instit, pas de parents, et même les parents de Violette n’abordent pas le sujet avec elle. Seuls les enfants sont présents, et tous stupides et bornés, soit.

S’ensuivent plusieurs pages qui expliquent à quel point ses papas sont des parents comme les autres, qui finalement n’apportent pas grand-chose, avant de passer à la tristesse de Violette de ne pas pouvoir profiter de ses deux parents au grand jour (et encore une fois, jamais, et sans un regard autre que le sien).

Et là, le summum à mon sens, tout change le jour où cette fameuse Cécile (la méchante de la première page donc) arrive à l’école en pleurant, et est fuie par toutes ses amies

« Mon papa est parti. Hier soir, il m’a dit bonne nuit, mais ce matin il avait disparu. Maman dit qu’il ne reviendra plus… »

Ok, donc le père disparait du jour au lendemain comme ça, sans laisser de traces, c’est hyper rassurant pour les enfants. On ne parle pas de séparation, de divorce, ou même de décès, non, il a juste disparu, sans explication.

Et les autres enfants, les vilains, ne veulent plus approcher la pestiférée Cécile pour la peine… Et Violette, trop gentille, s’empresse d’en faire sa nouvelle et seule amie, qui d’un coup :

Mais ce qu’elle préfère entre tout ça, ce sont mes deux papas.

D’accord… Donc bien sûr, en primaire, on a des copains en fonction de leurs parents et pas des jeux qu’on va faire avec eux.

Et en 2017, dans une école lambda, on essaie de nous faire croire que les enfants ont tous un papa, une maman ?! (C’est la Manif pour tous qui finance le livre peut être…) Aucun n’a des parents séparés, divorcés, juste une maman ou un papa, pour diverses raisons ? Est-ce une blague ?

Je ne peux même pas défendre ce livre, parce que je n’arrive pas à y voir une ouverture, un dialogue, une amorce de réflexion de tout ce qu’on peut aborder sur le sujet avec des enfants de cet âge là.