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Quiver, de Julia Watts (livre en VO)

quiverDans le fin fond du Tennessee, une amitié improbable va naître entre Libby et Zo.
Libby vit dans une famille évangéliste chrétienne qui adhère à l’idéologie « quiverfull ». Alors, pour vous résumer, c’est une idéologie basée sur un système totalement patriarcal, où l’homme est l’intermédiaire entre Dieu et sa femme et ses enfants, et où la femme est totalement soumise, et se doit de rester à la maison pour élever ses enfants (pas de travail, pas de contraception, bien évidemment).

Donc Libby (pour Liberty) grandit dans cette famille. Elle est l’ainée des six enfants, bientôt sept.

Un jour, une famille avec deux enfants s’installe dans la maison voisine. Autant vous dire que ce n’est pas du tout le même genre : c’est une famille ouverte, où les deux parents travaillent, sont végétariens, et ont au cœur de leurs préoccupations le bien-être de chacun. Et leur aîné·e, Zo, est genderfluid.

Comme il n’y a pas grand-chose à faire dans le coin, et que tous étudient à la maison, Zo et Libby vont rapidement se lier d’amitié, malgré leurs différences. Et pour Libby, de nombreuses questions vont se poser suite à la découverte de cette nouvelle famille. Elle ne porte pas ce prénom pour rien, et petit à petit, le vernis de cette famille va commencer à se craqueler.

J’ai trouvé ce roman assez prenant, et le choc des cultures bien décrit. J’ai aimé voir ces deux personnages s’accepter et apprendre à se connaître, sans jugements, malgré le gouffre qui les oppose. Je dois bien avouer que malgré tout, j’ai trouvé le dénouement un peu facile et rapide, mais ça ne m’a pas empêché d’apprécier ma lecture.

Bon, à la base, j’avais repéré ce livre pour son personnage genderfluid mais clairement, ce n’est pas central à l’histoire. La représentation est là, c’est très clair et assumé de la part de Zo, et accepté sans problème par sa famille. De même que Zo a eu une histoire avec une fille, et est attiré·e par les filles en général. Et à noter aussi, la meilleure amie de Zo est une fille transgenre.

Alors oui, je ne le cache pas, j’aurais aimé que toutes ces thématiques lgbt+ soient plus développées. C’est vrai, mais j’ai aussi apprécié les voir abordées dans un roman de façon totalement naturelle et non problématique. C’est succinct, d’accord, mais c’est présent. Et c’est plutôt chouette.

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Dieu n’aime pas papa

DIEU N'AIME PAS PAPA C1C4.inddEn feuilletant Dieu n’aime pas papa, j’étais un peu dubitative, mais aussi attirée par le côté histoire dans l’histoire. En effet, la BD raconte l’histoire de Tao, un petit garçon qui vit seul avec sa mère, fervente religieuse, et les dessins de l’enfant sur sa vision de la bible.

Le côté naïf et drôle de Tao dans ses dessins pouvait m’attirer et c’est effectivement le seul intérêt que j’ai pu trouver dans l’histoire. C’est rigolo, c’est sympa, mais ça ne casse pas trois pattes à un canard non plus…

Pour l’histoire de fond, la mère de Tao refuse qu’il voie son père, et même de l’évoquer, ce qui laisse le petit garçon totalement démuni. Il cherche donc des réponses comme il peut. On découvrira finalement que son père est parti pour un autre homme, ce qui certes, ne doit pas être facile à vivre pour sa mère, mais ici, tout est vu d’un point de vue religieux. La mère de Tao se réfugie dans la religion en accusant les pêchés de son bientôt ex-mari, mais j’ai trouvé ça franchement caricatural, et assez en décalage avec les dessins d’enfants.

Un objet un peu bancal pour moi donc, ne sachant pas trop où se placer : satire de la bible ? Dénonciation d’un manque d’ouverture de la religion sur l’homosexualité ? Même pas, puisque le prêtre auprès de qui Tao se livre semble beaucoup plus ouvert que sa mère. La fin simpliste ne m’aide pas à savoir que penser de cette BD, aussi vite lue, aussi vite oubliée…