Archives du mot-clé Représentation

Pourquoi la représentation est toujours importante (deuxième volet)

J’ai parlé en début d’année de l’importance de la représentation, et suite au #NationalComingOutDay, j’ai eu envie de compléter ce premier article par un billet un peu plus personnel.

Je l’ai dit précédemment, la représentation est primordiale pour les personnes concernées, et quand je dis primordiale, je pèse mes mots, puisque se voir représenté.e, savoir que l’on n’est pas seul.e, et pas condamné.e à être malheureux.euse peut parfois être une question de vie ou de mort.

Je reprends donc mon expérience, qui rappelons le, n’appartient qu’à moi, je ne parle pas au nom des autres. J’ai grandi avec un accès important à la culture, je ne suis vraiment pas à plaindre de ce côté-là, et je peux dire qu’enfant, j’étais vraiment ce qu’on appelle un rat de bibliothèque. J’ai donc dû lire à peu près tout ce qui se trouvait dans ma bibliothèque de quartier, et pourtant, je n’ai quasiment jamais été en contact avec du contenu clairement lgbtqi.

Soyons clairs, je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, et je trouve cette évolution admirable. Mais à l’époque (pas si lointaine), le rayon jeunesse était loin d’être aussi développé qu’aujourd’hui, et à treize ans, pouf, on passait du « côté des adultes », sans guère de propositions intermédiaires.

J’ai donc grandi dans un monde totalement hétéronormé et cisnormatif. Puis j’ai passé mon adolescence en quête de représentations de gens « comme moi ». Avec un succès un peu mitigé, puisque comme dit précédemment, la plupart des films que j’ai vus à cette époque avec des lesbiennes étaient franchement glauques et/ou déprimants. Mais bon, malgré tout, je savais au moins que l’homosexualité existait, ne serait-ce qu’à travers tous les « sales gouines » et « sales PD » entendus à tour de bras au collège et au lycée.

Pour ce qui est de l’orientation sexuelle, je savais des choses, c’était un sujet un peu tabou, mais malgré tout, plus ou moins connu de tous. Ça ne m’empêchait pas de me sentir unique au monde, mais au fond de moi, je savais qu’il en existait d’« autres ». (Où étant la vraie question, à l’époque, j’avais l’impression que ça restait très marginal, alors que tellement pas en vrai, mais je m’égare)

Bon, par contre, l’identité de genre c’était un tabou ultime, là ça n’existait clairement pas du tout. Je n’arrive pas à me rappeler de représentations que j’ai pu avoir enfant, ni même de la première fois que j’ai entendu parler de transidentité. C’est totalement flou.

J’ai le souvenir très précis d’avoir vu mon premier Almodovar au cinéma avec Tout sur ma mère, mais j’ai pu tomber sur d’autres avant, à la télévision, qui m’ont moins marquée à l’époque (peut-être parce que j’étais un peu trop jeune pour entrer dans son univers). J’ai un souvenir encore plus précis, avec Boys don’t cry, toujours au cinéma. J’avais à peine 16 ans, je découvrais ma préférence pour les filles, et ce film a été une grosse claque émotionnelle. Je me souviens avoir été marqué par le fait que ce soit tiré d’une histoire vraie, et m’être intéressé au vrai Brendon Teena. En tout cas, pour le coup, ça donnait une image de la transidentité franchement dramatique et effrayante.

En termes de représentations d’identités de genre, ça n’allait donc pas très loin…

En 2003, alors jeune étudiante, je découvre un livre de Jeffrey Eugenides, Middlesex, saga familiale avec un personnage intersexe. Je me rappelle d’une certaine fascination pour ce livre, et surtout pour ce personnage. Je ne crois pas me questionner consciemment sur mon genre à l’époque, mais mon intérêt pour ces questions est présent depuis longtemps. Le travestissement m’a toujours fasciné, de même que l’ambiguïté de genre. Par la suite, j’ai pioché à droite à gauche des représentations qui pouvaient me toucher de plus ou moins près. Que ce soit du côté des livres avec L’âge d’ange, Le chœur des femmes, ou encore Testo junkie. Ou côté cinéma avec des films comme Tomboy et XXY…

C’est laborieux de parler de soi. Je me suis construit comme j’ai pu, sans réellement me retrouver dans des personnages. J’ai beaucoup grandi au contact d’autres personnes LGBT, notamment à travers Internet. J’ai appris beaucoup de choses sur le genre en passant par ce biais. Ça n’a pas empêché mes questionnements sur un forum, autour de la vingtaine, d’être plus ou moins balayés d’un revers de la main en mode « Tu te prends la tête pour rien ». Bon, soit… Sauf que, évidemment, ce « rien » n’est jamais parti, et ne m’a jamais laissée en paix, même si le déni m’a suivie longtemps, très longtemps.

Je ne peux pas m’empêcher de ressentir un sentiment d’envie, de jalousie, quand je vois tout ce à quoi les jeunes ont accès aujourd’hui. Parce que je sais bien, qu’aujourd’hui, en amenant ce type de questionnements, je n’aurai pas du tout les mêmes réponses. Mais j’ai 34 ans de rejet de qui je suis derrière moi, et tout ce que j’ai nié, refusé, c’est autour de ça que je me suis construite.

Bref, maintenant je sais (enfin !) que d’une part, je ne suis pas seule, et d’autre part, que mon identité de genre est tout à fait légitime. Et franchement, ça fait du bien. Il n’empêche que la représentation des personnes non binaires (et oui, le mot est lâché) est toujours quasi inexistante, et que c’est compliqué de ne jamais se voir nulle part. Il y a de timides avancées, et je vois bien que ça évolue, mais ça reste frustrant de voir que ça prend autant de temps et que même en cherchant bien, le nombre de livres, films ou séries avec des personnages non binaires reste franchement limité.

Petite mise à jour du 8/11/2018

Je me rends compte après la rédaction de cet article, et surtout sa réception, que la non binarité n’est pas du tout une évidence, ce que je comprends, et que je n’avais pas vraiment anticipé. Je me permets donc de vous conseiller une vidéo d’Alistair, très bien faite et très pédagogique, qui vous permettra d’en savoir un peu plus sur le sujet.

Publicités

Une chronique du sexisme ordinaire

Vaste sujet, me direz-vous, et vous avez bien raison ! Mais bon, je bosse en librairie, et comme vous devez vous en douter, je suis souvent confrontée au sexisme ordinaire. Déjà, je regarde le rayon BD jeunesse ou le rayon manga, et ma vue se brouille avec tout ce rose…

Bon résumons, quand j’étais gamine, je lisais tout ce qui me tombait sous la main, et oui, il n’y avait pas tant de personnages féminins que ça en littérature jeunesse. Là comme ça, je pense à Fantômette, Mafalda, Claude dans Le club des cinq… J’ai fait avec, et quand je vois tout ce qui parait actuellement en littérature jeunesse et young adult, je me dis qu’il y a de quoi se faire plaisir (ce que je fais, même si j’ai passé l’âge, non mais !). Bref, tout ça pour dire que je suis bien contente de voir l’offre s’élargir mais que je trouve dommage que les clichés soient aussi présents.

J’ai eu envie d’écrire cet article et mes réflexions suite à deux évènements.

Le premier : coup sur coup, deux personnes (de sexe masculin) m’ont dit qu’elles assimilaient les BD de Marion Montaigne aux BD girly. Stupéfaction totale de ma part (j’ai quand même été rassurée ensuite par plusieurs personnes de mon entourage qui sont restées aussi surprises que moi). Quoi, Marion Montaigne « girly » ?! Bon déjà, on est d’accord que ce mot serait à proscrire à tout jamais, est ce qu’on parle du genre « boyi » ? Non, parce que par défaut, c’est tout ce qui n’est pas « girly », merci les « mecs ». Tiens d’ailleurs, ça me rappelle une vidéo d’une conférence à Angoulême je crois, où Lisa Mandel faisait un petit test auprès du public pour savoir comment il différenciait les BD faites par des femmes et celles faites par des hommes. Et bien les résultats, même si ça restait assez sommaire, montraient bien les clichés qui ressortent habituellement, et montraient aussi qu’il n’était pas possible de faire la différence (quelle surprise, n’est ce pas ?!).

Donc en quoi Marion Montaigne ferait des BD « girly » ? Pour moi ces BD sont drôles (très), instructives (aussi !) mais pour le reste… Mais c’est une femme, c’est vrai, j’avais oublié ce petit détail. Est-ce à dire pour autant qu’elle fait des ouvrages majoritairement destinés aux femmes ? Je ne pense pas, non.

Autre événement donc, une dame arrive et me demande un conseil pour un petit garçon de 8 ans, avec de préférence, une BD non genrée. Bon déjà, là j’avais très envie de la prendre dans mes bras, mais je suis restée digne et me suis retenue. Je lui ai donc conseillé Momo, parce que c’est trop chouette comme BD ! Non seulement elle a bien accroché, mais en plus, en partant, elle m’a dit qu’elle était contente d’offrir une BD avec une héroïne à destination d’un petit garçon. Ce qui devrait être logique en fait ! Parce qu’en tant que fille, on vit dans un monde où les mecs cis-hétéros blancs sont surreprésentés, et donc on prend l’habitude de s’identifier à différents personnages. Les garçons non. Donc dès qu’on propose un livre quel qu’il soit (parce que ça ne se résume pas au public jeunesse, que ce soit clair) avec un personnage féminin, si c’est à destination d’un homme, il y a toujours le risque que ce soit refusé. Étrangement, pour les femmes, je n’ai jamais eu le cas de figure…

Je me rends compte que ça rejoint mes réflexions sur la représentation. Je suis assez déprimée par la surabondance de rose dans les rayons jeunesse, par la binarité shojo/shonen en mangas (alors qu’en plus, encore une fois, plein de filles lisent les deux, contre peu de garçons), et ce qui est gênant encore une fois, ce n’est pas qu’il y ait du rose, de la romance, des paillettes (quoi que… ) et du « girly », non ce qui est gênant c’est qu’on se limite à ça. La diversité, il n’y a rien de tel ! Et ça commence à apparaître, avec des BD comme Les carnets de Cerise, Astrid Bromure, Hilda, Zita fille de l’espace, Momo et bien d’autres que j’oublie, mais combien de personnages féminins par rapport aux personnages masculins ? Combien de filles aventurières, qui vivent autre chose que leur quotidien à l’école ? Quand est ce qu’on arrêtera de nous cantonner à des rôles domestiques ? Nous aussi on a le droit de vivre des aventures chouettes, qui envoient du pâté et qui nous sortent du quotidien, boudiou !

Pourquoi la représentation est (toujours) importante, et pourquoi il y a encore du chemin à faire

Nous voici en 2018 et j’ai envie de vous souhaiter une belle année, pleine de chouettes lectures, d’évasion, d’aventures, d’identification, de découvertes, d’ouverture, et je vais en profiter pour refaire un petit point, qui n’a rien d’arrêté, mais qui fait état de mes réflexions du moment.

Ça sort un peu de mes articles précédents, j’ai peur que ce soit un chouia brouillon, et c’est moins centré sur mes lectures qu’habituellement, mais ça reste un sujet qui me tient à cœur donc j’avais envie de le partager.

J’ai créé ce blog à un moment où je me sentais frustrée de ne pas pouvoir partager plus mes lectures lgbt et féministes. Alors certes, je pouvais en parler à quelques personnes autour de moi, et je le faisais aussi sur un forum lesbien, mais il me manquait quelque chose. Notamment, sur le forum en question, j’ai noté que les topics autour de la représentation dans les séries et les films étaient toujours bien vivants, mais que côté livres, ça se bousculait moins au portillon. Bref, je me suis lancée, et ça m’a permis de découvrir petit à petit d’autres endroits sur le net où l’on parlait livres lgbt+ et c’est plutôt chouette. J’ai réalisé par la même occasion que les personnes de la vingtaine aujourd’hui en savaient beaucoup plus que moi au même âge sur les thématiques lgbt, signe que les connaissances sont plus facilement partageables et faciles à trouver qu’avant (merci Internet).

Cela dit, j’ai l’impression d’évoluer dans un milieu totalement privilégié et d’être plutôt chanceuse. J’ai une famille qui m’accepte sans problème et a toujours accueilli mes compagnes à bras ouverts, je travaille dans une branche de métiers franchement open à ce niveau-là (les libraires lgbt sont partout, mais chutttt… ). Mais je me rends bien compte que dans d’autres milieux professionnels c’est totalement différent. De même que je vis dans une grande ville, mais ailleurs ce n’est pas forcément aussi facile. Et même si les ados d’aujourd’hui ont accès à plus d’informations via Internet, les médias et la culture, dans certains milieux je me dis que ça doit toujours être compliqué.

Et c’est là que la représentation est importante, en premier lieu pour les personnes concernées. J’ai été une adolescente de 16 ans découvrant son attirance pour les filles, se sentant terriblement seule, et à l’époque un de mes seuls réconforts c’était la série Buffy contre les vampires, avec le personnage de Willow, qui me faisait me dire que je n’étais pas toute seule ! (Merci pour la mort de Tara d’ailleurs, paye ta déprime !) Et à part Buffy, je passais mon temps en quête de représentation, côté littérature je n’ai pas vraiment de souvenirs, côté filmique, beaucoup plus, mais globalement, que dire ? 90 % des films que j’ai vus avec des personnages lesbiens à l’époque donnaient envie de se pendre… (et ce n’est pas une image, j’ai eu des envies suicidaires, comme beaucoup d’ados lgbt je suppose)

Donc la représentation ne suffit pas, des représentations positives, ça c’est hyper important. Savoir qu’on n’est pas seul, c’est bien, savoir qu’on n’est pas seul et pas condamné à une vie malheureuse c’est encore mieux.

Et la suite, et non des moindres, ce qui me semble important et qui se développe timidement actuellement, c’est arriver à des représentations variées. Et oui, toutes les personnes lgbt+ n’ont pas eu un parcours identique, loin de là. Si je regarde juste d’un point de vue perso, les femmes croisées dans ma vie, ayant eu des attirances et/ou des histoires avec d’autres femmes, et pouvant se considérer lesbiennes, bi, pan, hétéro, ou ne pas se définir, je n’ai déjà pas deux histoires et deux ressentis identiques, donc à l’échelle humaine ça fait une sacrée variété. Est-ce que je ressens cette même variété dans mes lectures, les séries, les films, les médias ? Pas vraiment…

On retrouve beaucoup d’histoires similaires, de passages obligés dans la littérature ou ailleurs, alors qu’on peut aussi avoir des histoires cools où le genre ou l’orientation sexuelle de la personne ne sont pas au centre de l’histoire. En fait, on veut des personnes lgbt qui ne soient pas réduites à ça, et qui vivent des aventures ou des histoires comme n’importe qui d’autre !

Donc des représentations pour les personnes concernées, déjà, c’est primordial. Ensuite, il y a encore deux points qui me semblent importants (mince, j’ai l’impression de retourner à l’école de faire une dissert avec plan !), dont un que je viens plus ou moins de découvrir…

Avant quand je réfléchissais à la représentation, je pensais aux personnes concernées et aux personnes disons cis-hétéros, avec d’un côté un besoin de savoir que l’on n’est pas seul au monde, et de l’autre le besoin, pas forcément d’« éduquer » (encore que), mais en tout cas de montrer que l’on existe et que nous ne sommes pas des bêtes de foire. C’est un deuxième point qui me semble aussi très important (bon en fait ils le sont tous hein). On est tous concernés par les préjugés (je m’inclus dans le lot), et je vois bien dans mon entourage que les choses peuvent évoluer dans le bon sens quand les gens qui vivent dans un monde hétéronormé sont confrontés à des personnes lgbt, ça fait forcément réfléchir, et si tout va bien, avancer. Ne serait-ce que sur des choses toutes bêtes. Par exemple, je suis complètement out à mon boulot, et je vis mon orientation sexuelle assez librement. Du coup, les gens qui m’entourent et qui ne me connaissent que dans ma vie d’adulte peuvent penser que j’ai toujours vécu comme ça, et que c’est facile. Et bien non, ça ne l’est pas forcément. Et c’est bien de recadrer de temps en temps, en donnant un peu de son vécu, de son expérience, et de dire que ce n’est pas parce qu’on est en France en 2017 que tout va bien. Donc mon adolescence a été une vraie plaie à cause de ça. Le passage de la loi pour le mariage pour tous a été d’une violence inouïe pour bon nombre de personnes lgbt qui s’en sont pris plein la gueule dans les médias, l’homophobie étant soudainement totalement décomplexée… Et autre exemple tout bête, mais certaines fois, selon le quartier ou l’heure, je m’auto-censure et n’embrasse pas ma chérie ou ne lui tient pas la main, parce que je n’ai pas envie de me faire emmerder, et qu’on vienne nous intruser dans un moment d’intimité simple et banal…

Donc certes, je vis bien, ma vie semble se passer sans encombre, et c’est le cas, seulement, il y a des spécificités que ne connaissent pas les personnes hétéro cisgenres, et c’est important de le rappeler de temps en temps.

Dernier point (je crois, cet article est une réflexion en même temps donc ça peut totalement évoluer), dont j’ai pris conscience récemment… Il y a peu, en lisant certains articles qui tombaient au moment de la Journée internationale de la bisexualité, je me suis rendu compte que j’avais pu en partie occulter cette orientation sexuelle. Qu’on soit bien d’accord, je ne nie pas du tout cette orientation, je suis la première à m’insurger quand j’entends des personnes hétéros ou homos dirent que la bisexualité n’ « existe pas vraiment » (je schématise un peu mais c’est l’idée) ou quand des lesbiennes s’insurgent contre les « traitresses » à la cause homosexuelle… Je ne dis pas que je ne me rends compte de rien à ce sujet mais je suis plus sensible aux thématiques lesbiennes et au fait que ce soit bien traité vu que je me sens directement concernée, et je peux être assez aveugle sur d’autres thématiques.

Je repense à la série The L Word par exemple, et me rappelle à quel point les personnages de Tina et de Max ont été maltraités, l’une au sujet de sa bisexualité, l’autre sur sa transidentité. Ça m’avait mise assez mal à l’aise, de voir à quel point une série censée être ouverte (et qui se voulait sans doute l’être, mais franchement c’était bien raté !) pouvait être complètement fermée sur ce qui était « autre »… Mais, c’est là que le bât blesse, je ne me suis jamais interrogée sur le fait que Jenny ne se considère pas comme bisexuelle, de même pour Willow dans Buffy contre les vampires. Dans les deux cas, on a un personnage qui passe d’hétéro à lesbienne, comme s’il n’y avait pas d’autres possibilités.

Donc si même quelqu’un d’ouvert aux questions lgbt ne se rend pas compte de ça, ça pose question sur comment des personnes qui vivent dans un monde totalement hétéronormé reçoivent ce genre de choses.

Tout ça pour dire qu’il y a encore du chemin, même si clairement ça avance, et ne serait-ce qu’en littérature jeunesse. Je suis ravie de voir de plus en plus de thématiques lgbt évoquées, et très contente par exemple de découvrir un personnage transgenre dans les 5/5, un roman d’aventures dont la transidentité n’est pas le sujet principal. La représentation se fait plus présente et c’est chouette, mais justement, je n’ai pas envie de relâcher mon attention, j’ai envie de garder l’esprit critique, et ne pas me contenter de miettes. C’est aussi pour ça que j’apprécie des autrices et auteurs ouvertement lgbt, et que j’ai envie de lire de plus en plus de livres, quels qu’ils soient (roman, littérature ou album jeunesse, BD…) et traitant de différents sujets. On veut de l’interesectionnalité, on veut des personnages complexes, on veut de l’aventure, de l’humour, de la tranche de vie, de la science-fiction ou que sais-je encore, mais de la diversité !