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La volte, de Yann Fastier

la volteQuand j’ai vu passer La volte sur un fil twitter, j’ai tout de suite eu envie de le lire. Je ne sais pas trop pourquoi, le côté fantasy, la romance entre deux filles, les éditions Talents Hauts, tout ça me parlait bien…

La volte est un roman pour ados, j’en lis un certain nombre comme vous avez pu vous en rendre compte ici, mais certains sont plus facilement tous publics que d’autres. Peut-être que c’est lié au fait que je sois en pleine relecture de L’assassin royal, et donc j’ai un univers et des personnages assez riches plein la tête, mais j’ai eu du mal à adhérer.

Tout commence en classe, Ana Luisa, dite Mink,  jeune fille un peu garçon manqué voit arriver une nouvelle dans sa classe. Mais Dotchin n’est pas n’importe qui, c’est une princesse héritière d’un royaume éloigné, et son arrivée avec son titre et son épée font forte impression. Les deux filles vont rapidement se lier d’amitié, avec une attirance assez évidente de la part de Mink pour la princesse.

La princesse a été envoyée dans cette école  à cause d’un jeu de pouvoir avec son oncle, qui souhaiterait diriger le royaume par le biais du frère jumeau de Dotchin, un peu simple d’esprit.  Elle est poursuivie et sans doute en danger de mort, et décide donc puisqu’elle a 18 ans, de retourner à Gurban et d’aller réclamer le trône. Mink lui offre son aide, et elles vont partir  toutes les deux, au péril de leur vie, constamment traquées.

Pour ce qui est des points positifs, les deux héroïnes sont assez cools, aventurières et pleines de ressources. Et les sentiments de Mink pour Dotchin ne sont jamais montrés comme quelque chose d’inhabituel ou qui pourrait poser question.

Pour le reste… La volte est un roman de fantasy et d’aventures, donc pourquoi pas, mais la fin, mon dieu la fin ! Déjà, ce qui est du dénouement, j’ai trouvé ça franchement rapide. On passe du temps à accompagner nos héroïnes dans le désert et tout d’un coup, on a un twist et tout est expliqué en un coup de cuillère à pot (oui, j’aime et j’assume cette expression). Ça va trop vite et les conséquences sont à peine développées.

Mais la toute fin… De quoi s’arracher les cheveux, je dis non ! Et je ne peux même pas vous dire pourquoi sans salement spoiler. Enfin, je veux bien admettre que l’amour rend aveugle, surtout à cet âge-là mais ça n’excuse clairement pas tout. Et rien que pour ça, ce n’est pas un livre que je pourrai conseiller.

 

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Le fils des géants, de Gaël Aymon et Lucie Rioland

Le fils des géants est un album jeunesse pour les enfants à partir de 4 ans.

61BK43ouwTL._SL1000_Sous la forme d’un conte, il nous décrit l’histoire d’un roi et d’une reine qui ayant eu un enfant si minuscule et doutant de sa survie et de sa force, décident de l’abandonner. Ainsi, ils mettent le nouveau-né dans un dé à coudre en or et le déposent sur une rivière.

L’enfant est récupéré par deux géants, qui s’inquiétant de sa petite taille, de sa peur et de sa tristesse, lui donnent de la force, des mots, et de l’amour. Le garçon devient alors un jeune homme robuste et vit tranquillement à leur côté. Jusqu’au jour où le roi et la reine sont pris dans un orage lors d’un trajet, et trouvent refuge dans la grotte des deux géants. Reconnaissant le dé en or, ils découvrent que leur fils a bien grandi et ferait maintenant un prince absolument parfait. Omettant le fait qu’ils l’aient abandonné volontairement, ils souhaitent récupérer leur enfant.

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Le fils des géants est un album tout simple et assez court, mais en peu de mots, il réussit à toucher et émouvoir. L’amour est au cœur de ce joli conte, et le fait que les parents adoptifs du prince sortent un peu de la norme ( le fait que ce soit deux hommes n’est jamais évoqué, mais bon, ce sont des géants) les met malgré tout au-dessus d’un roi et d’une reine purement intéressés.

Un album qui permet donc d’évoquer tout en douceur les questions de l’adoption et de l’homoparentalité.

D’un trait de fusain, de Cathy Ytak

d-un-trait-de-fusainAttention, coup de cœur !

Un superbe roman pour ados et pour tous, dont j’avais entendu le plus grand bien avant même sa sortie, et c’est vrai, c’est une pépite.

Dans les années 90, on suit un groupe de lycéens dans une école d’arts. L’arrivée d’un nouveau modèle, Joos, venu pour poser nu, et beau comme un dieu, va changer pas mal de choses dans la vie de ces ados.

D’un trait de fusain, c’est d’abord un très beau roman sur l’amitié, que l’on sent grandir petit à petit, notamment entre Marie-Ange, mal dans sa peau, qui n’attend qu’une chose, quitter le domicile familial en comptant les jours, et Sami, qui va tomber amoureux de Joos.

Évidemment, on est au début des années 90, et tout ne va pas bien se passer. L’homosexualité déjà, est encore un tabou. Ici il est question de coming-out, à une époque où on parlait de cancer gay… Pas facile pour un jeune homme de 16 ans de le vivre au grand jour. Et évidemment, le Sida ne va pas tarder à faire son apparition, et à déclencher des réactions plus ou moins violentes autour d’eux et au sein même du groupe.

D’un trait de fusain, c’est aussi une histoire d’émancipation, et le personnage de Marie-Ange, qui deviendra Mary est très beau pour ça. Les personnages vont devoir grandir et murir, beaucoup plus vite que prévu, et c’est poignant. Le livre fait écho au magnifique 120 battements par minutes, sorti dans les salles il y a quelques mois. Ici aussi il est question d’Act up, et des gens qui se battent parce qu’eux et leur entourage ont été touchés de plein fouet par la maladie.

Un livre très beau, émouvant, touchant, et profond.